L'ingéniérie française résiste à la crise

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L\'assemblée générale de Syntec-Ingénierie qui se déroule aujourd\'hui 27 juin à Paris, sera l\'occasion de faire le point sur la santé d\'un secteur  qui réalise 40 milliards d\'euros de chiffre d\'affaires et emploie 230 000 salariés. Pour Alain Bentéjac, président de Syntec-Ingénierie, l\'activité a plutôt mieux résisté à la crise que d\'autres, en raison de sa dimension internationale (environ 30% de son chiffre d\'affaires total) et de son potentiel d\'innovation et de développement de nouvelles technologies. Pour autant, la crise économique et financière n\'est pas sans conséquences sur les activités des sociétés françaises d\'ingénierie. \"Le problème essentiel que nous rencontrons est l\'incertitude concernant les commandes puibliques\", dit Alain Bentejac. \"Nous regardons avec beaucoup d\'attention la situation des collectivités territoriales, qui sont aux prises avec de grandes incertitudes en matière de financemen, or ces collectivités sont un acteur important en terme d\'investissements dans les infrastructures de transport, de génie civil ou de bâtiment, des secteurs où exercent de nombreuses sociétés d\'ingénierie\".  Le secteur du logement est particulièrement stratégique, mais on ne peut pas dire qu\'il déborde d\'activité aujourd\'hui. Néanmoins les nouvelles normes environnementales, et notamment la RT2012 , un ensemble de normes qui permettent d\'ériger des bâtiments à basse consommation énergétique, ouvrent des perspectives aux sociétés d\'ingéniérie qui oeuvrent dans ces métiers. D\'une manière générale, les missions liées à la protection de l\'environnement sous toutes ses formes représentent environ 30% de l\'activité des sociétés membres de Syntec-Ingénierie.Une concurrence internationale exacerbéeDans le domaine international, la progression des entreprises françaises du secteur se poursuit mais se heurte à un certain nombre d\'obstacles, comme la montée en puissance de concurrents internationaux de grande envergure, dans le monde anglo-saxon et en Scandinavie. Mais pour Alain Bentejac, le concurrent de demain sera la Chine. \"Les entreprises chinoises développent une forte activité de construction à l\'international, et d\'ici deux à trois ans, elles seront capables de formaliser et d\'exporter des compétences redoutables en matière d\'ingénierie\", dit-il. Les zones qui offrent aujourd\'hui le plus fort potentiel de développement pour les firmes françaises sont l\'Inde, le Maghreb, mais aussi l\'Afrique sub-saharienne, où de nombreux projets sont en préparation, notamment en Angola, au Mozambique, en Côte d\'Ivoire, au Nigéria. Pour autant, une préoccupation monte dans les entreprises d\'ingénierie concernant les modalités de l\'aide au développement. \"Le premier pays donateur en Afrique, c\'est la Chine, mais ces aides sont uniquement réservées aux entreprises chinoises\" indique Alain Bentéjac. Il milite pour que la stratégie de la France en la matière soit affinée. En matière de financements, un élément clé des grands projets sur lesquels travaillent les sociétés françaises, Alain Bentéjac insiste sur le fait que les dépenses d\'avenir ne soient pas sacrifiées sur l\'autel des difficultés budgétaires. \" Il serait souhaitable qu\'une liste des projets prioritaires soient établie et que l\'on fasse la publicité de ces projets une fois qu\'ils sont concrétisés, afin d\'éviter les phénomènes de stop and go, observé dans certains pays européens\" explique-t-il.  Il regrette par ailleurs que les crédits à l\'export garantis par la Coface , qui ne faisaient pas l\'objet d\'une mise en réserve par les banques, relèvent aujourd\'hui des nouveaux critères de liquidité fixés dans le cadre de Bâle III.  

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