Retraites : Matignon veut lancer le compte-temps "pénibilité" début 2015

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La réforme des retraites approche à grands pas.  Le projet gouvernemental doit être présenté  le 18 septembre en Conseil des ministres. Mais, alors que s\'achève la concertation avec les partenaires sociaux ce mardi, plusieurs mesures ont déjà filtré. Les différentes options sont âprement discutées par les organisations syndicales, patronales, et par les représentants politiques. Voici les principales annonces et commentaires de cette deuxième journée de rencontre. Mardi 27 aoûtLe compte pénibilité dès 2015?A la sortie de son entretien avec Jean-Marc Ayrault, Jean-Claude Mailly a indiqué à la presse que le gouvernement souhaitait mettre en place le compte pénibilité dès le 1er janvier 2015. >> Lire aussi : Retraites: le gouvernement confirme le compte-temps \"pénibilité\">> Lire aussi : Retraite: le projet sur la pénibilité fait hurler le patronat Luc Chatel (UMP): le gouvernement \"pas crédible\" pour parler \"compétitivité des entreprises\"\"Une fois de plus, avec les impôts, François Hollande choisit le principe du puits sans fond\", juge le vice-président de l\'UMP, Luc Chatel. Il balaye en outre le geste envers le patronat évoqué la veille par Pierre Gattaz, le patron du Medef. Selon Luc Chatel, le gouvernement n\'est \"pas très crédible\" pour parler \"compétitivité des entreprises\".Pour Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), le gouvernement obéit à BruxellesLe chef de file du Parti de gauche a vivement critiqué le gouvernement. \"Quand vous votez pour un gouvernement de gauche, vous attendez une politique de gauche\", s\'est-il insurgé ce mardi sur BFM et RMC. \"A quoi veut aboutir le gouvernement ? A obéir le doigt sur la couture du pantalon à la commission européenne qui a décidé, dans toute l\'Europe, de détruire le système de retraites\", a-t-il accusé. A ses yeux, le chef de l\'Etat et son Premier ministres \"ne sont pas foutus de prévoir un taux de croissance\" mais \"prétendent savoir quel va être le niveau de déficit des caisses de retraite en 2020\". Il estime que le tandem ne croit \"pas à leur propre politique, car si elle conduisait à inverser la courbe du chômage et à créer de l\'emploi, le déficit des retraites disparaîtrait\". Jean-Luc Mélenchon a appelé à manifester avec les syndicats le 10 septembre. Mailly (FO) craint des \"inégalités\"Avant sa visite à Matignon, le secrétaire général de Force ouvrière a évoqué notamment l\'une des options étudiées: la prise en compte des années d\'études dans le calcul de la retraite. \"Si on prend en charge d\'une manière ou d\'une autre les années d\'études, on risque d\'accroître les inégalités\", a-t-il fait valoir sur Radio Classique. Il souligne que \"les ouvriers et les employés qui démarrent plus tard eux aussi, parce qu\'ils ne trouvent pas de boulot, ont eu 4 ans de retard\". Jean-Louis Borloo (UDI) veut un moratoire sur la fiscalitéLe centriste a même lancé une pétition à ce sujet. A ses yeux, outre les hausses d\'impôts qu\'il prévoit pour l\'an prochain, la réforme des retraites devra se traduire par un effort de \"6 ou 7 milliards de plus\". Une hausse de la CSG toujours en discussionCe 27 août marque le dernier jour de consultation pour Jean-Marc Ayrault. L\'Union syndicale Solidaires est attendue la première, suivie de FO, l\'Union des artisans (UPA), ainsi que l\'UNSA et la FSU, pour l\'éducation. Une réunion de travail avec les ministres chargés du dossier retraites est ensuite prévue à Matignon, selon l\'AFP. Le gouvernement plancherait sur des mesures visant à soutenir la compétitivité, notamment pour contenter le patronat. L\'option d\'une hausse de la CSG, elle ne serait toujours pas arbitrée. >> Lire aussi :  Réforme des retraites: la hausse de la CSG reste en suspensLundi 26 aoûtLe patronat salue \"une ouverture\" avec la la baisse du coût du travailLe président du Medef, Pierre Gattaz, s\'est félicité lundi d\'une possible baisse du coût du travail évoquée par le Premier ministre. Celle-ci pourrait compenser une éventuelle hausse des cotisations sociales pour financer les retraites. \"Il y a une ouverture qui nous a été faite, intéressante, c\'est la baisse du coût du travail\", a déclaré Pierre Gattaz, en sortant d\'une réunion avec Jean-Marc Ayrault, évoquant l\'hypothèse d\'un \"transfert des allocations familiales vers d\'autres vecteurs fiscaux\".La CGT appelle toujours à manifester le 10 septembreBien que se disant \"rassurée sur un certain nombre de propositions\", la Confédération générale du travail (CGT) a tenu à maintenir son appel à manifester début septembre. \"Nous ne regrettons pas d\'avoir appelé à la mobilistaion du 10 septembre, même si c\'est court pour pobiliser, car aucune des solutions évoquées par le gouvernement n\'est de nature à rassurer les salariés\", a affirmé Thierry Lepaon, le secrétaire général, après sa rencontre avec le Premier ministre. La CGT compte d\'ailleurs adresser \"une lettre au gouvernement sur les moyens de financer la réforme des retraites\". Un \"compte-temps\" dans le projet de loiLe gouvernement compte créer un \"compte-temps\" pour les métiers pénibles, selon la CFDT dont le représentant rencontrait Jean-Marc Ayrault ce lundi. Dix facteurs seront définis dans ce compte, notamment l\'utilisation de produits cancérogènes ou  le travail de nuit. En revanche,  \"d\'ici 2020, et ça a été dit par le Premier ministre, il n\'y aura pas de modification des règles de calcul des retraites\", a par ailleurs indiqué Laurent Berger. Le projet ne comporterait en outre \"ni baisse des pensions, ni gel des pensions\". Le calcul de la retraite des fonctionnaires et des régimes spéciaux ne serait pas affecté non plus mais les décisions prises dans la réforme s\'appliqueraient \"à l\'ensemble des salariés tous régimes confondus\". Quant à la hausse de la CSG, les \"arbitrages\", ne seraient \"pas encore faits\". \"Bricolage\", manque de \"courage\"... l\'opposition attaqueAu cours de la matinée, les commentaires commençaient déjà à fuser. Le président du MoDem, François Bayrou a ainsi fustigé les choix de l\'exécutif, estimant qu\'il prenait \"la piste du bricolage habituel\".De son côté, Bruno Le Maire (UMP) interrogé sur itélé affirmait que François Hollande \"ne sait pas où il va\". Dans l\'opposition toujours, Nathalie Kosciusko-Morizet déclarait sur RTL que \"le gouvernement n\'a pas le courage de regarder en face les vrais sujets qu font une réforme à savoir l\'augmentation de la durée de cotisation ou le recul de l\'âge légal\".  Les cadres vivent plus vieux que les ouvriers? C\'est aussi à cause des différences \"d\'hygiène de vie\", pour le numéro 2 du MedefLe vice-président du Medef Jean-François Pilliard, numéro 2 de l\'organisation patronale contredit vigoureusement les défenseurs d\'une plus forte prise en compte de la pénibilité au travail. Interrogé sur RMC sur les causes, selon lui de l\'inégalité entre l\'espérance de vie d\'un cadre et celle d\'un ouvrier, il a d\'abord répondu:\"Je crois qu\'il y a des situations différentes qui sont liées au type d\'emploi que l\'on peut tenir mais qui sont liées à des tas d\'autres facteurs, son hygiène de vie, son mode de vie\"Le Medef pour un allongement de la durée de cotisationInvité à confirmer cette assertion, il a nuancé son propos et ajouté qu\'il faut \"regarder les choses avec rigueur et avec précision\". Ce que je dis c\'est qu\'on doit  \"prendre en compte certaines situations spécifiques\", a-t-il indiqué avant de mettre en exergue les dispositifs déjà existants.  \"Chaque année, sur une classe de 600 000 personnes qui partent à la retraite, 20% d\'entre eux partent prématurément\", a également argué le vice-président du Medef chargé des questions sociales. Le Medef plaide pour un allongement de la durée de cotisation et un décalage de l\'âge légal de départ à la retraite à 63 ans au lieu de 2 actuellement. >> Lire aussi : Retraite: le projet sur la pénibilité fait hurler le patronatLes cadres vivent 3 à 6 ans de plus que les ouvriersPour mémoire, selon l\'Insee, les hommes cadres vivent en moyenne 6,3 ans de plus que les ouvriers. Chez les femmes de ces deux catégories, la différence est de 3 ans. Dans son étude sur les écarts d\'espérance de vie, Nathalie Blanpain, en charge de la division Enquête et études démographiques précise: \"Les natures-mêmes des professions exercées expliquent en partie ces écarts. En effet, les cadres ont moins d\'accidents, de maladies ou d\'expositions professionnels que les ouvriers. Par ailleurs, ils appartiennent à un groupe social dont les modes de vie sont favorables à une bonne santé : les comportements de santé à risque, le moindre recours et accès aux soins, ou encore l\'obésité sont plus fréquents chez les ouvriers que chez les cadres. Enfin, l\'état de santé peut lui-même influer sur l\'appartenance à une catégorie sociale : une santé défaillante peut empêcher la poursuite d\'études, le maintien en emploi, ou rendre plus difficile les promotions et l\'accès aux emplois les plus qualifiés en cours de carrière.\">> Lire aussi : Les mesures choc du Medef pour réformer les retraites 

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