EDF s'extrait à bon compte de l'imbroglio américain

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EDF va pouvoir redonner de l'élan à ses ambitions de développement dans le nucléaire américain, bloquées par son conflit avec son partenaire Constellation. Après plusieurs semaines de négociations, les deux groupes sont parvenus à un accord de divorce partiel qui préserve les projets du français sur place et écarte la menace de nouvelles provisions. L'accord conclu entre les deux groupes, salué par une hausse de 0,74 % à 32,59 euros du titre de l'électricien français, porte sur plusieurs points. Le plus brûlant : Constellation a renoncé à exercer son option de vente de 11 centrales thermiques à EDF pour un prix très surévalué de 2 milliards de dollars. En échange, l'américain recevra 3,5 millions de ses propres actions détenues par EDF, valorisées à quelque 110 millions de dollars. La participation de l'électricien français au sein de Constellation passe de 8,4 % à 6,7 %. EDF renonce aussi à son poste d'administrateur au conseil d'administration de son partenaire et n'est plus tenu de conserver ses titres.Destinée sous contrôlePar ailleurs, EDF rachète pour 140 millions de dollars en cash les 50 % détenus par Constellation dans leur coentreprise Unistar, en charge de la construction de centrales nucléaires sur le sol américain. Il récupère aussi les quatre terrains sur lesquels la construction de centrales est envisagée. Les deux groupes restent en revanche associés au sein de leur filale commune de production d'énergie nucléaire, CENG (dont Constellation détient 50,01 %). Thomas Piquemal, directeur exécutif groupe en charge des finances, s'est réjoui qu'EDF ait « repris le contrôle de sa destinée aux États-unis ». « La transaction n'entraînera aucune provision supplémentaire dans nos comptes », a-t-il souligné lors d'une conférence téléphonique. Au premier semestre, EDF avait dû passer une provision de 1,1 milliard d'euros pour couvrir les risques de perte de valeur de ses actifs américains liés à la baisse des prix de l'énergie. Sauvée de la débâcle, l'aventure américaine d'EDF reste néanmoins soumise à nombre d'incertitudes. La baisse du prix du gaz, liée au boom de la production des gaz non conventionnels, rend le nucléaire moins attirant. EDF devra aussi faire entrer un nouveau partenaire américain au sein d'Unistar s'il veut effectivement construire des réacteurs sur place, la loi américaine interdisant à un opérateur étranger d'être majoritaire dans un projet nucléaire. Remettre à platDans l'immédiat, EDF compte « tout remettre à plat » sur son projet de construction d'une première centrale à Calvert Cliffs, indique Thomas Piquemal : « ses discussions avec le département de l'énergie, l'accord Areva-Bechtel, la stratégie d'alliance aux États-Unis ». Quid d'Areva, qui devait fournir son EPR dans le projet EDF-Constellation ? « Areva est notre partenaire, évidemment il le restera, mais on va revoir l'intégralité du projet avec eux », précise le dirigeant.

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