Les subprimes reviennent à petits pas
La Tribune
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ImmobilierLe titre de l'étude publiée hier par la Réserve fédérale de San Francisco ? « Développements récents sur le marché des prêts hypothécaires » ? n'avait rien d'affolant. Reprise illico par les médias, l'affaire avait cependant de quoi faire frémir : « Les subprimes sont à leur niveau d'avant-crise », proclamaient les gros titres. C'est vrai, en part de marché, ces prêts de basse qualité consentis à des ménages sans grandes ressources sont, en proportion du total, revenus à leur niveau d'avant-crise. Mais le gâteau est autrement plus petit? Considérés comme les premiers coupables de la crise financière qui a saisi la planète il y a quelques mois, les subprimes avaient depuis quasiment disparu. Qu'ils reviennent, mais sous forme de prêts in fine garantis par le gouvernement, ne devrait cependant pas inquiéter outre mesure. La Réserve fédérale achète en effet les créances cédées par les prêteurs à des agences telles que Freddie Mac ou Fannie Mae, autrefois paragouvernementales et « nationalisées » en septembre 2008. « Certes, les prêteurs savent qu'ils peuvent se débarrasser de leurs créances auprès de l'État, mais les critères pour ce faire sont stricts et rien ne permet de croire que les prêteurs sont laxistes vis-à-vis des clients », relève Celia Chen, économiste et spécialiste du marché immobilier chez Moody's-Economy.com, à Philadelphie. coup de pouce fédéral Mieux vaut d'ailleurs que ce soit la Fed qui prenne en charge ces créances plutôt qu'elles soient titrisées, autrement dit, repackagées et remises sur le marché, comme cela était le cas avant la crise? En fait, cette économiste voit dans le coup de pouce fédéral un avantage certain ? grâce à l'achat de créances équivalant pour l'instant à quelque 1.250 milliards de dollars : celui d'avoir fait baisser les taux des prêts hypothécaires. De quoi relancer quelque peu le marché.Mais au moment précis où l'immobilier reprend quelques couleurs, ce programme, qui devait être arrêté à la fin de l'an prochain, pourrait être interrompu dès la fin mars. C'est en tout cas ce qu'a indiqué le patron de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, le mois dernier? « C'est sans doute un peu tôt », regrette Celia Chen. Les éléments qui jouent contre une reprise du marché immobilier ? chômage et saisies immobilières ? restent en effet très présents. D'ailleurs, au-delà d'une reprise sans emplois prévue par tous les économistes, ceux de Moody's-Economy.com estiment que les saisies, qui devraient s'élever à 2,1 millions cette année, seront encore plus nombreuses, à 2,4 millions, l'an prochain. De quoi déprimer les prix?
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