Lula a donné au Brésil son statut de grande puissance

 |   |  686  mots
Ce qu'on dit maintenant au Brésil, c'est que Lula va réussir à obtenir les Jeux olympiques? d'hiver ! » raconte, goguenard, Ilan Goldfajn, le chef économiste de la banque brésilienne Itau. Le président Luiz Inacio Lula da Silva aura en tout cas connu une année d'exception, lui faisant même déclarer : « Dieu est brésilien », après l'obtention des Jeux olympiques d'été de 2016, qui avait suivi celle de la Coupe du monde de football, pour 2014? Mais Lula a réussi mieux que cela : sous son dernier mandat, le plus grand pays d'Amérique latine a véritablement émergé en tant que puissance mondiale. C'est vrai pour ce qui est de l'économie : le Brésil est aujourd'hui, et pour la première fois de son histoire, exportateur net de pétrole, grâce à l'une des plus grandes découvertes d'or noir de ces dernières années, au large de Rio. Le pays est aussi devenu une superpuissance agricole, exportant son soja, son café, sa viande. C'est un poids lourd en matière de biocarburants, grâce à une stratégie décidée quarante ans avant tout le monde. Le Brésil est également l'un des premiers partenaires de la Chine, à qui il vend du minerai de fer, entre autres. Et le pays n'est pas qu'un producteur de matières premières. Son industrie, dans l'aviation, la high-tech ou la pharmacie-cosmétique, est tout aussi florissante. Mais si 2009 a bien été l'année du Brésil, c'est aussi parce que le pays a réussi à s'imposer sur le plan diplomatique. Initiatives dans le cadre du G20 sur la réglementation de la finance internationale ; sur le commerce dans celui de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), où le Brésil a défendu la position des grands émergents exportateurs ; sur le climat, enfin, puisque le Brésil a montré l'exemple, en promettant les plus fortes réductions d'émissions de gaz à effet de serre de tous les émergents. Mieux, dans tous ces domaines, le Brésil a su se trouver des alliés, dont la France. Bref, Lula est devenu incontournable, et le Brésil « est à la mode », comme dit le chef économiste de la banque Itau.nouvelle vagueReste à savoir maintenant si le pays va continuer à surfer sur cette nouvelle vague. Il semble bien armé. Car le passé, celui de l'hyper­inflation, des crises économiques et des dévaluations à répétition, est derrière lui. La rupture correspond peu ou prou à l'arrivée de Lula au pouvoir, au début 2003. Alors que certains investisseurs s'inquiétaient de l'élection de cet ancien syndicaliste, ancré résolument à gauche, Lula a su convaincre. Ses concitoyens d'abord : il fallait poursuivre la libéralisation de l'économie entamée auparavant et instaurer la discipline budgétaire. Les investisseurs ont suivi. D'ailleurs, si la croissance du PIB, après une moyenne de plus de 4 % ces dernières années, devrait être nulle en 2009, le pays n'a connu que deux trimestres de contraction, et les perspectives 2010 sont engageantes. Déjà, les créations d'emploi sont telles qu'elles ont effacé les destructions dues à la crise. Selon la banque Itau, l'économie devrait croître de 5,5 % l'an prochain. Les investisseurs étrangers sont déjà en position. En 2009, ils ont fait grimper l'indice de la Bourse de São Paulo de 80 %, l'une des meilleures performances des pays émergents. Au point que le gouvernement a dû prendre des mesures pour limiter ces flux, qui dopent exagérément la valeur de la monnaie.Mais ce que les investisseurs saluent, c'est aussi l'une des plus grandes prouesses de Lula, celle d'avoir réussi, dans un pays où la disparité de s revenus est l'une des plus fortes au monde, à faire émerger une véritable classe moyenne, grâce notamment à une politique efficace de transferts sociaux. « Nous sommes trop petits pour remplacer les États-Unis, admet Ilan Goldfajn, mais il est clair que parmi les 200 millions de Brésiliens, de plus en plus vont consommer à l'avenir. » Pas étonnant que les géants de la distribution, de Carrefour à Walmart, soient à la man?uvre sur place? n

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :