La vertu s'est révélée cette année plus payante que le vice

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ctionsLa messe est dite. Mieux valait-il cette année prêcher la bonne parole que de se fourvoyer dans le péché. Du moins sur un plan boursier. Depuis le début de l'année, le fonds Ave Maria Catholic Values, hérité des préceptes d'investissements exclusifs des congrégations religieuses américaines des années 1930, devance de plus de 25 points le Vice Fund.Contrairement à son juste contraire, ce dernier a pris le parti de miser sur des sociétés ?uvrant dans les industries du tabac, de l'alcool, du jeu, de l'armement ou encore du sexe. Osé, le pari n'en était pas moins jusque-là payant. Depuis sa création le 30 août 2002, le fonds revendiquait encore en 2008 une performance annualisée de 18 %, largement supérieure à la rentabilité du S&P 500 sur la même période. Seulement voilà, la crise a changé la donne, en tout cas temporairement. Le rebond des marchés actions entamé début mars a mis les valeurs défensives en retrait, au profit d'actions cycliques, voire financièrement fragiles.Au grand dam du Vice Fund qui compte parmi ses principales lignes des producteurs de tabac (Philip Morris, British American Tobacco, Altria, etc.), ou encore des groupes de vins et spiritueux (Pernod Ricard, Diageo). À cela s'ajoute la contre-performance de l'américain Lockheed Martin, qui constitue 7,4 % du fonds et qui a cédé près de 10 % par rapport au début de l'année. En plus de son appartenance au secteur de la défense, qui a été peu plébiscité par le marché au cours des dix derniers mois, le missilier a pâti des coupes budgétaires du gouvernement Obama en matière d'armement.de courte duréeA contrario, le clan des puritains est largement représenté par des groupes comme Caterpillar, Accenture, Halliburton ou encore Meadowbrook Assurance, dont les cours de Bourse ont profité de l'appétit retrouvé des opérateurs pour le risque. Mais ce retour en grâce de la vertu pourrait être de courte durée. Pour au moins une raison : sur longue période, le vice reste en odeur de sainteté.D'après le cabinet de recherche américain Qed International, les 20 % de l'indice S&P 500 ayant de près ou de loin un rapport avec des activités catholiquement condamnables ont affiché un rendement annuel proche de 12 % entre 1995 et 2008. Dans ce contexte, il suffirait que le récent regain d'intérêt des investisseurs pour les profils défensifs se confirme pour rétablir le cours de l'histoire. Celui-là même qui place souvent l'appât du gain devant la morale.

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