La zone euro, plongée dans la tourmente, fait encore des adeptes

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Et de 17 ! Sur fond de crise de la dette souveraine, la zone euro attire encore. Elle s'enrichit même d'un nouveau membre, la petite Estonie, qui adoptera la monnaie unique au 1er janvier. Cette adhésion est symbolique à plus d'un titre. D'abord parce qu'elle prouve que, au-delà des doutes qui taraudent les professionnels des marchés, certains gouvernements croient encore aux bienfaits d'une monnaie partagée. L'adoption de l'euro permettra à l'Estonie, qui commerce essentiellement avec les pays de la zone, d'épargner l'équivalent de 0,2 % de son PIB, dépensé jusqu'ici en opérations de change. Même chose pour les citoyens, largement endettés en euro (celui-ci offre des taux d'intérêt nettement plus avantageux que la monnaie locale) : ils gagneront en frais de change, ainsi qu'en sécurité. Enfin, Tallinn espère attirer de nouveaux investisseurs, venus eux aussi des pays de la zone.Une cure d'austéritéMais si l'euro est bon pour l'Estonie, l'inverse est également vrai. Si petit qu'il soit (son PIB de 13,9 milliards d'euros ne représente que 0,1 % du total de celui de l'Union européenne), ce pays a su montrer l'exemple. Son rattrapage économique a conduit à la surchauffe, puis la crise a laminé le pays. Mais il a su réagir, optant pour une cure d'austérité sans précédent. Réductions des dépenses publiques (l'équivalant à 9 % du PIB), augmentation du prix du tabac et de l'alcool, réformes structurelles du marché du travail comme des retraites (dont l'âge est passé à 65 ans) : rien n'a été épargné. Mais le résultat est là : la dette publique plafonne à 7,2 % du PIB, bien en deçà de la moyenne de la zone euro (à environ 60 %). « Notre Code du travail est à présent le plus libéral de toute l'Union », s'enorgueillit Andrus Ansip, le Premier ministre estonien, qui conclut : « Je suis reconnaissant envers notre peuple, qui est capable de comprendre pourquoi tous ces efforts sont indispensables. »D'autres Premiers ministres ne peuvent pas en dire autant... Surtout ceux qui, de l'Irlande au Portugal en passant par l'Espagne, voire l'Italie et la Belgique, redoutent d'être contraints de renoncer à la monnaie unique sous la pression des marchés, pour cause de ratio de déficit et de dette sur PIB trop élevés. Leurs difficultés ont renforcé les réserves de gouvernements eurosceptiques, comme en Pologne ou en République tchèque. Et réveillé l'hostilité des franges les plus nationalistes de la population, comme l'a montré le résultat des élections législatives aux Pays-Bas en juin. De quoi donner du grain à moudre aux pays se tenant délibérément à l'écart de l'euro depuis sa création : Royaume-Uni, Suède, Danemark... Ce ne sont pas les hypothétiques adhésions de l'Islande ou de la Croatie qui viendront consoler les plus fervents Européens.

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