Luc Chatel cherche à bousculer la maison Éducation nationale

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RéformeC'est un signe politique fort. Mercredi dernier, le recteur de Créteil, Jean-Michel Blanquer, a été nommé en Conseil des ministres au poste de directeur général des affaires scolaires, la DGESCO (lire « La Tribune » du 24 décembre). Un poste stratégique, puisqu'il consiste à mettre en musique la politique du ministre, notamment en matière pédagogique. Ce type de nomination au sein de l'administration serait passé inaperçu s'il ne s'agissait du recteur le plus en vue du moment. Et, en ce sens, elle est loin d'être anodine. PolémiqueJean-Michel Blanquer, 45 ans, recteur de l'académie de Créteil depuis mars 2007, a déjà défrayé la chronique. À la tête de la deuxième plus importante académie de France, réputée l'une des plus difficiles, Jean-Michel Blanquer a lancé maintes expérimentations, assumant haut et fort la notion de laboratoire, malgré les critiques des syndicats d'enseignants (lire son interview dans « La Tribune » du 7 décembre). Deux initiatives ont créé la polémique récemment : l'instauration d'une prime financière collective pour lutter contre l'absentéisme dans trois lycées professionnels et la proposition aux chefs d'établissement de recruter « des étudiants ou des personnes titulaires au minimum d'une licence ou ayant des compétences avérées » pour pallier le manque de professeurs remplaçants. Cet « activisme » n'est pas étranger à sa nomination. « L'image de Jean-Michel Blanquer est novatrice, et contraire à celle de l'Éducation nationale », confie un proche du recteur. Plus prosaïquement, la DGESCO ne brille pas par sa force de proposition. Bref, la « maison a besoin d'innovation », constate Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa, qui salue en Jean-Michel Blanquer la « tête chercheuse », mais craint son côté provocateur. De fait, nombre de dossiers « n'étant pas encore stabilisés » (revalorisations de carrière, formation des enseignants, remplacements, carte scolaire, réforme du lycée?), l'ex-recteur devra agir avec plus de doigté qu'il ne l'a fait jusqu'à présent.Mais le gouvernement est décidé à dépoussiérer la maison. En septembre, il avait déjà nommé Josette Théophile directrice générale des ressources humaines (DGRH) de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur, direction la plus stratégique du ministère avec la DGESCO. Élue DRH de l'année en 2008, l'ex-DG adjointe de la RATP en charge de l'innovation sociale s'était illustrée en 1996 en signant avec les syndicats (sauf la CGT) l'accord sur le système d'alarme social?

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