Ces ministres qui seront à la peine

 |   |  793  mots
Patrick CoquidéD'un côté Christine Lagarde, sacrée de toute part ministre de l'année, ou François Fillon, qui a opéré un rétablissement politique saisissant au point qu'on lui prédit désormais un nouveau bail à Matignon. Mais de l'autre des ministres à la peine qui buttent sur des dossiers sensibles ou qui flottent dans leurs attributions actuelles. Or, la trêve des confiseurs achevée, tous vont entamer la dernière ligne droite avant les régionales de mars? et le remaniement qui suivra. Il reste donc quelques semaines seulement à chaque ministre pour démontrer que sa présence au gouvernement est profitable à la majorité et au président de la République. Une petite dizaine en particulier va devoir mettre les bouchées doubles pour remonter la pente. Éric Besson. Les dérapages du débat sur l'identité nationale et la pagaille qu'il entraîne dans la majorité fragilisent le ministre de l'Intégration qui a lancé ce débat. La gauche en profite pour déstabiliser cet ancien membre du PS qui se retrouve bien seul aujourd'hui. Sarkozy aura-t-il intérêt à le soutenir encore longtemps alors qu'il est contesté jusque dans les rangs de l'UMP ? Brice Hortefeux. « L'avoir à l'Intérieur, c'est en quelque sorte m'avoir comme ministre », affirmait le chef de l'État début septembre devant des policiers. Sauf qu'Hortefeux, qui a fait des pieds et des mains pour obtenir ce poste stratégique alors qu'il se morfondait au Travail, semble en retrait. Les chiffres mitigés de la délinquance ne permettent pas à cet intime du président de démontrer qu'il a redressé la barre par rapport à Michèle Alliot-Marie. Par ailleurs, il s'est peu investi jusque-là pour défendre la réforme territoriale. Sa cote de « premier ministrable » en pâtit. Bernard Kouchner. L'occupant du Quai d'Orsay a quasiment disparu des écrans radars. Les affaires étrangères sont directement traitées par Nicolas Sarkozy avec le concours du secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant. De retour d'un voyage officiel en Chine après un autre au Vietnam, François Fillon a également repris la main sur les dossiers internationaux. L'ouverture n'étant plus d'actualité, l'utilité de Kouchner, qui reste pourtant populaire, est de plus en plus marginale. Roselyne Bachelot. Alors que le premier pic de grippe A est passé, c'est l'heure de vérité pour la ministre de la Santé dont le plan de lutte contre la pandémie et la stratégie vaccinale sont contestés jusque dans les rangs médicaux. L'absence d'un second pic en février signifierait donc un désaveu pour elle. Par ailleurs, ses relations avec les médecins libéraux se sont détériorées ces derniers mois. Or, ils appartiennent traditionnellement à l'électorat de droite. Faudra-t-il changer de ministre de la Santé pour se réconcilier avec eux ? Hervé Morin. Le ministre de la Défense n'a pas démérité dans ses attributions gouvernementales. Mais, en critiquant récemment l'hégémonie de l'UMP au sein de la majorité, et en voulant redonner vie à la vieille UDF, le président du Nouveau Centre a mécontenté l'Élysée et s'est mis à dos les dirigeants de l'UMP. Assez pour être exclu du prochain gouvernement ? Les centristes pourraient alors être représentés par le vice-président de l'Assemblée nationale, Maurice Leroy. Patrick Devedjian. La mission du ministre de la Relance s'achève. L'ancien secrétaire général de l'UMP affirme que Sarkozy lui aurait promis un portefeuille plus valorisant, peut-être la justice dont il rêve depuis 2007. Mais les relations entre l'Élysée et le président du conseil général des Hauts-de-Seine se sont dégradées depuis l'affaire de la candidature ratée de Jean Sarkozy à l'Epad, Devedjian n'ayant pas soutenu ce dernier. Au point de compromettre son maintien au gouvernement ? Christian Blanc. Adopté à l'Assemblée, le premier volet de sa réforme du Grand Paris qui prévoit la création d'un nouveau réseau express automatique, doit maintenant être examiné au Sénat où les débats s'annoncent tendus. Une fois le vote acquis, Blanc pourrait alors quitter ses fonctions, estimant sa mission remplie, d'autant que les relations avec François Fillon ne se sont pas améliorées. Alain Marleix. Le secrétaire d'État aux Collectivités locales doit prochainement défendre deux réformes à haut risque : la création des conseillers territoriaux, qui passe mal au Sénat, et le redécoupage des circonscriptions électorales, qui promet des débats houleux à l'Assemblée mi-janvier. En cas de déconvenues, toujours possibles pour la majorité lors de ces votes, il pourrait en faire les frais.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :