Aller vite

 |   |  655  mots
Anne Lauvergeon et Jean-Claude Trichet ont deux points communs, ils parlent allemand et devraient intégrer prochainement le conseil d\'administration d\'EADS, le consortium franco-allemand, d\'aéronautique et spatial civil et militaire.Si l\'ancien gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE) devrait se contenter de ses jetons de présence et de ses conseils de prudence, en revanche la bouillonnante ex-patronne d\'Areva, qui était en quête d\'un poste à sa mesure depuis son éviction, devrait trouver là un véritable défi. Promise à remplacer à la présidence du conseil d\'administration Arnaud Lagardère, qui s\'était plutôt fait remarquer par sa discrétion que par son expertise, elle devrait veiller à ce que les intérêts français soient bien défendus.Paris veut reprendre la mainCar depuis l\'échec du rachat du groupe britannique BAE Systems par EADS, en raison de l\'hostilité de Berlin à l\'opération, Paris veut reprendre la main. A voir les réactions en interne, l\'arrivée d\'« Atomic Anne » fait quelques remous. Toutefois, obtenir la présidence exécutive du consortium demandera plus de temps, l\'allemand Thomas Enders a remplacé Louis Gallois en mai 2012 pour cinq ans. Anne Lauvergeon a la réputation de vouloir aller vite. Elle devra patienter, mais elle sera bientôt à un poste d\'observation essentiel.Fournir du travail à des millions de ChinoisLe pays qui va vite en ce moment, c\'est la Chine. Après 7,8% en 2012 - son plus faible taux annuel depuis 13 ans, mais dont certains pays européens se contenteraient seulement de la moitié -, la future puissance économique mondiale devrait accélérer. La très officielle Académie des sciences de la Chine prévoit un taux de 8,4%. La banque HSBC prévoit même 8,6%. L\'activité manufacturière est repartie fin 2012, le pays a toujours besoin d\'infrastructures pour développer l\'urbanisation de ses provinces intérieures. La machine doit tourner suffisamment pour fournir du travail à des millions de personnes.L\'inflation, un indicateur sur lesquels les autorités ont les yeux rivés en raison des répercussions sociales, reste sous contrôle. Bref, la situation est idéale pour l\'entrée en fonction à la tête du pays de la nouvelle équipe issue du congrès du parti communiste de novembre.Pourtant, cette hyper-confiance, renforcée par le fait que les Etats-Unis sont empêtrés dans leur problème de dette et que l\'Union européenne continue à digérer la crise de l\'euro, cache mal les maux classiques dont souffre le pays : bulle immobilière, corruption endémique, inégalités sociales croissantes. Surtout, l\'économie du pays repose toujours sur la dynamique des exportations. Or, mis à part les autres émergents, Amérique et Europe, ses principaux marchés tournent au ralenti. La Chine pourrait connaître une \"exubérance irrationnelle\".Téhéran veut pouvoir surveiller la régionUn pays qui veut également aller vite, c\'est l\'Iran. Téhéran est régulièrement critiqué en raison du développement de son programme nucléaire à des fins militaires. Ce que l\'on sait moins c\'est que l\'Iran a un programme spatial ambitieux. Le régime des Mollahs a ainsi envoyé dans l\'espace à 120 km un engin avec succès avec à son bord un singe. Les photos de l\'animal n\'étaient pas sans évoquer celles des premiers pas de l\'aventure spatiale des Etats-Unis ou de feu l\'URSS, et des ses valeureux chiens. L\'Iran veut mettre elle-même ses propres satellites en orbite. Il y a là un enjeu évident de défense en voulant pouvoir à son tour surveiller la région pour espionner les pays voisins. Téhéran en reste toujours à son objectif, aller vite en matière militaire pour assurer son rang de puissance régionale.  

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :