La Bundesbank attaque la BCE

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Pour ceux qui en doutaient encore, le Handelsblatt de ce vendredi publie la preuve formelle de l’opposition de principe de la Bundesbank, la banque centrale allemande, avec la BCE. Le quotidien allemand rend ainsi public une prise de position datant du 21 décembre dernier et destinée au tribunal administratif de Karlsruhe dans lequel la Bundesbank critique très durement la politique de l’autre institution de Francfort.L’OMT : une déviation du rôle de la BCELa Bundesbank conteste d’emblée l’argument de Mario Draghi pour justifier le programme OMT de rachat illimité de titres souverains : l’absence de transmission de la politique monétaire de la BCE compte tenu des écarts de taux entre les pays. Selon la Bundesbank, il ne revient pas à la BCE de combattre ces écarts de taux qui sont « les suites des politiques financières nationales. » La banque centrale ne doit pas corriger ces erreurs de politiques budgétaires.Ne pas empêcher la sortie de la zone euroPar ailleurs, la Bundesbank estime que le rôle de la BCE n’est pas d’empêcher la sortie d’un pays de la zone euro, ceci relevant encore, selon la banque centrale allemande, des « Etats souverains. » La volonté de Mario Draghi de se présenter comme le garant de l’intégrité de la zone euro est donc fortement contestée, en dépit du fait que cette politique a permis, depuis août dernier, de ramener un calme relatif sur les marchés.Critique du programme ELALa Bundesbank, enfin, critique fermement le programme OMT lui-même qui conduirait à accepte dans le bilan de la BCE des titres de mauvaise qualité. Enfin, l’institution allemande fait le procès du programme d’accès d’urgence des banques à la liquidité ELA qui a permis de maintenir en fonctionnement les banques grecques à l’automne alors même que le gouvernement d’Athènes n’avait pas encore eu l’accord de ses partenaires pour une nouvelle aide. « La BCE a ainsi agi à la limite du financement direct d’un Etat », ce qui est formellement interdit par les traités.Opposition au sein du conseil des gouverneursAvec ce règlement de comptes, la Buba montre son opposition de principe à la politique de la BCE. Le document est important, car il montre que Mario Draghi doit compter avec une forte opposition au sein de son conseil des gouverneurs. Une opposition qui explique peut-être aussi le durcissement de la position de la BCE dans l’affaire chypriote, où Francfort avait clairement posé un ultimatum à Nicosie, et le manque d’entrain de la BCE à baisser ses taux ou à faciliter le financement des entreprises des pays périphériques comme beaucoup l’y invitent.

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