Levée du secret bancaire, actionnaires mécontents... Les banques suisses traversent des temps difficiles

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Est-ce la perspective d'un dividende en cash et non plus en actions, annoncée deux jours plus tôt ? La publication, le 24 avril, d'un bénéfice net multiplié par près de 30, au premier trimestre ? Toujours est-il que les actionnaires de Credit Suisse ont voté en faveur du plan de rémunération des dirigeants proposé par la banque, lors de l'assemblée générale annuelle de cette dernière, qui s'est tenue ce vendredi. La partie semblait pourtant loin d'être gagnée pour Brady Dougan, le patron de la banque helvétique. La société américaine de conseil aux actionnaires ISS avait en effet recommandé aux porteurs d'actions Credit Suisse de voter contre le projet de la banque d'émettre 27 millions d'actions nouvelles en faveur de ses hauts dirigeants. Au motif qu'une telle opération diluerait les actionnaires existants et ne reposait sur aucun critère de performance financière.La fondation Ethos hostile à la rémunération du patron d'UBSIl y a deux semaines, ISS avait été entendue par les actionnaires de Julius Baer. Ces derniers avaient voté - de façon consultative - contre une proposition de la banque suisse, qui prévoyait d'accorder au directeur général, Boris Collardi, une rémunération annuelle totale de 6,6 millions de francs suisses (5,4 millions d'euros), au titre de l'exercice 2012. Qu'en sera-t-il pour UBS, qui tiendra son assemblée générale le 2 mai ? Une certitude : la fondation Ethos, qui regroupe quelque 140 fonds de pension suisses, a indiqué la semaine dernière qu'elle jugeait la rémunération de Sergio Ermotti trop élevée. Le big boss d'UBS doit percevoir près de 9 millions de francs suisses, au titre de 2012, année au cours de laquelle la banque a accusé une perte.Une pression croissante pour lever le secret bancaireLes temps ne sont décidément pas simples pour les banques suisses. Non seulement leurs actionnaires sont décidés à ne plus leur faire de cadeaux, dans le cadre d'un mouvement plus global de rébellion contre les rémunérations excessives des grands patrons suisses, mais elles subissent de plus une pression croissante de la part de pays comme la France, l'Allemagne et les Etats-Unis pour lever le fameux secret bancaire suisse. Si nombre d'Etats militent pour la fin de ce secret bancaire depuis la crise financière de 2008, ils se sont faits plus insistants encore ces derniers mois, en raison de l'affaire Cahuzac et des révélations de l' "OffshoreLeaks".Jusqu'à 65 milliards retirés des coffres d'UBS et de Credit SuisseLe hic, c'est que ces activités dissimulées figurent parmi les plus lucratives des banques suisses. Pour la simple raison que les évadés fiscaux sont, pour la plupart, des clients fidèles, peu enclins à se plaindre des tarifs de leur banque et à la mettre en concurrence avec d'autres, discrétion oblige. Or, une éventuelle levée du secret bancaire conduirait les clients européens de Credit Suisse et d'UBS à retirer jusqu'à 65 milliards de francs, au total, des coffres des deux banques, ont récemment indiqué ces dernières. Un tribut pourtant bien moins lourd que celui que paieraient les petites banques privées helvétiques, beaucoup moins diversifiées que Credit Suisse ou UBS. Au nombre de 169 il y a quatre ans, ces petits établissements, qui ont pour seule spécialité la gestion de fortune, n'étaient déjà plus que 148 l'an dernier, selon Ernst & Young.  

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