Les Suisses maintiennent le statu quo fiscal

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L'échec semblait devoir être cuisant hier après-midi pour l'initiative fiscale du Parti socialiste. Baptisée « Initiative populaire fédérale pour des impôts équitables », cette proposition soumise aux électeurs suisses dimanche se fixait comme objectif de mettre un coup d'arrêt aux abus de la concurrence fiscale entre cantons. Les projections de l'institut gfs.bern laissent entrevoir un pourcentage de rejet d'environ 58 % pour 42 % de oui. Le résultat définitif sera sans doute proche de cette estimation. Un revers pour le Parti socialiste, qui espérait dépasser la barre des 45 % pour convaincre les directeurs cantonaux des finances de prendre des mesures pour recadrer la concurrence fiscale et obtenir des cantons qui attirent des contribuables fortunés plus de solidarité avec les autres, qui assument des charges plus importantes.Ces dernières semaines, les milieux économiques, farouchement opposés à cette initiative, ont mobilisé des moyens importants pour combattre la proposition fiscale. De son côté, le PS n'a pas réussi à convaincre les électeurs que l'initiative ne toucherait que les contribuables les plus aisés. Dans son premier argumentaire, qu'il a ensuite corrigé, il laissait entendre que des hausses d'impôts pourraient survenir, dans certains cantons, dès 150.000 francs de revenus. Un flou qui a pesé sur le vote des électeurs.Au vu des premiers résultats, l'initiative a été très nettement rejetée en Suisse centrale et orientale. Directement visés par l'initiative, les cantons de Schwyz, Obwald, Nidwald, Uri ont dit non à plus de 70 %. Comme prévu également, les cantons romands ont été moins hostiles à cette proposition d'augmentation des impôts pour les contribuables les plus riches. Genève, le Jura et Neuchâtel l'ont approuvée. Mais le soutien, qui ne recouvre même pas l'ensemble de la Suisse romande, a été trop faible pour que les règles du jeu soient revues, que ce soit par des mesures portant sur la concurrence fiscale ou sur la péréquation financière intercantonale. Bernard Wutrich « Le Temps », (Genève)

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