L'augmentation de capital d'Areva au bord de l'échec

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Si les positions du Qatar n'évoluent pas, il y a peu de chances d'obtenir un accord », affirmait ce week-end une source gouvernementale. Si, à Bercy, on espère encore obtenir des avancées dans les dernières heures, les négociations avec les trois investisseurs pressentis pour se partager 15 % du capital d'Areva semblent assez figées, dans un schéma difficilement acceptable pour l'État actionnaire à 93 % du groupe nucléaire. Le fonds souverain du Qatar (QIA), appelé à prendre la plus importante part, reste en effet très réticent. « Areva est une entreprise qui consomme un milliard de cash par semestre », soulignait-on dans l'entourage du QIA. Les doutes du fonds qatari Cette inquiétude pousse le fonds qatari à la plus grande prudence dans le prix qu'il propose. Il estimerait le groupe à 8 milliards d'euros, selon Challenges.fr, quand l'État tablait encore récemment sur 10 à 12 milliards d'euros. « Les derniers chiffres de Bercy valorisaient Areva 8,5 milliards d'euros », se justifie-t-on de source proche du QIA. De même, les doutes du fonds qatari sur les perspectives économiques d'Areva le mènent à maintenir son exigence de pouvoir convertir sa participation dans l'activité minière d'Areva, seuls actifs « sûrs », selon lui. Or, la filialisation des mines d'uranium du groupe nucléaire n'est pas une option arrêtée aujourd'hui, même si Bercy a mandaté cet automne une banque conseil pour étudier le scénario de la constitution, voire de la mise en Bourse, d'un pôle minier français qui regrouperait les mines d'Areva et celles d'Eramet. Difficile donc pour l'État français de s'engager aujourd'hui dans cette voie, par ailleurs farouchement contestée par la patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, qui estime indispensable que son groupe garde le contrôle de cet actif stratégique qu'est l'uranium. Sans le Qatar au tour de table, l'État va-t-il néanmoins décider de faire rentrer les deux autres investisseurs, le fonds souverain du Koweït et le japonais Mitsubishi, partenaire industriel d'Areva ? Ces derniers y seraient-ils prêts alors qu'ils n'envisageaient jusqu'à présent qu'une participation de 2 à 3 % chacun ? Sans compter qu'EDF et Alstom pèsent de tout leur poids pour écarter le japonais, ou au moins le reléguer dans un second temps. Un arbitrage de l'Elysée est attendu en ce début de semaine. Une seule certitude : un échec de l'actuelle opération ouvrirait largement la porte au projet d'Henri Proglio, PDG d'EDF, soutenu par l'Élysée, d'entrer au capital et au conseil d'Areva.

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