L'alimentaire pourrait perdre jusqu'à 5.000 emplois en 2011
La Tribune
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Les industriels de l'alimentaire sortent amers des négociations avec la grande distribution, au cours desquelles ils n'ont obtenu que 0 à 2 % de hausse de prix en moyenne. « Les fabricants ont pris à leur charge 60 % des augmentations du coût des matières premières et je suis convaincu que de nouvelles négociations seront nécessaires en cours d'année », fulmine le président de l'association représentative (Ania), Jean-René Buisson. Malgré une progression de 3 % du chiffre d'affaires total de cette industrie, à 143,6 milliards d'euros en 2010, et une stabilité de l'emploi (? 0,6 %), Jean-René Buisson est pessimiste pour 2011. « Il pourrait y avoir entre 3.000 et 5.000 suppressions de postes car 392 PME ont déjà disparu depuis le début de l'année et 400 autres sont en grandes difficultés », prévient-il. Les chefs d'entreprise estiment en effet avoir diminué leurs investissements de 8 % en 2010 et leurs usines sont sous-utilisées. « La peur des répercussions sociales les pousse à baisser leur activité sans fermer d'usine », continue le président.Autre problème plus structurel, la première industrie de France, pourtant plébiscitée à l'étranger, n'est que la quatrième exportatrice mondiale, derrière les États-Unis, les Pays-Bas et l'Allemagne. Elle pourrait même bientôt se faire dépasser par le Brésil. Certes, les exportations sont reparties en 2010 (+ 9,9 %), plus vite que les importations (+ 4,4 %) mais elles restent très concentrées sur trois secteurs (vins et alcools, produits laitiers, produits animaux), tandis qu'une multitude de PME à fort potentiel ne réussissent toujours pas à créer des structures communes pour conquérir de nouveaux territoires.Volatilité des coursLes perspectives restent donc sombres. Avec une volatilité des cours passée de 9 % en moyenne depuis vingt ans, à plus de 20 % depuis 2007, la marge brute du secteur devrait passer de 55,2 % en 2010 à 54,6 % en 2011 et 2012, contre 56,8 % en 2007. Pas de quoi dynamiser l'emploi et les investissements. Jean-René Buisson, quant à lui, attend toujours son entretien avec Nicolas Sarkozy demandé il y a deux mois. « Les pouvoirs publics bichonnent les agriculteurs et craignent les distributeurs, mais nous, au milieu, tout le monde s'en fout », conclut-il. Sophie Lécluse
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