Design in China

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En Chine, les opportunités pour créer une marque ne manquent pas. L'argent, le dynamisme, les fabricants, les matières premières (la soie en particulier dont la technique de fabrication est née ici deux mille cinq cents ans avant Jésus-Christ)... Toutes les conditions sont réunies. Néanmoins, pour l'instant, peu de tentatives sont encore probantes. Comme le souligne Charles de Brabant, associé de Floriane de Saint Pierre, « LA » chasseuse de têtes de l'univers du luxe en Europe, dans le cabinet de recrutement qu'ils ont lancé à Shanghai : « Pour réussir dans l'univers du luxe, il faut simultanément une tension et un équilibre entre un management pragmatique et une créativité débridée. Souvent, certains designers se lancent mais ils ne sont pas suffisamment épaulés. Résultat : très vite leur business s'effondre, ou ils ne bâtissent pas sur le long terme. »Marque la plus connue en Europe : Shanghai Tang. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, elle n'est pas d'origine shanghaienne, mais c'est un Hong-Kongais David Tang qui l'a créée au début des années 1990. Son style : celui du Shanghai des années 1930. Sa force : la tradition. Mais, c'est aujourd'hui sa faiblesse. La marque n'a pas (ou presque pas) évolué. Et cela se ressent en magasin.Installée au n° 12 du Bund, dans un sublime bâtiment Art déco (l'ancien building de la Hong Kong Bank construit en 1923), Madame Chen, la créatrice de la marque Shiatzy Chen, n'est pas non plus d'origine shanghaienne. Elle est née à Taiwan. Mais sa marque évolue à merveille. Ici, le mot luxe a un sens. Les soies, le soin porté aux broderies mais aussi aux points de couture, aux doublures (en Chine, traditionnellement, un costume est aussi beau dedans que dehors), tout est impeccable. Les coupes plus modernes attirent les businesswomen, quant aux accessoires (en particulier les sacs), on en rêverait de tels sur la place de Paris. Pour découvrir la jeune génération de designers de Shanghai, c'est Changle Road qu'il faut arpenter. Aux côtés des magasins de qipao, la robe traditionnelle chinoise - chez Li Gu Iong ou 2002 notamment, où l'on croise toutes les séductrices (étudiantes branchées, professionnelles ou expats en goguette) -, c'est ici que se dénichent les créateurs montants. Ji Cheng, la créatrice du label « la vie », formée en Italie, propose parmi les créations les plus abouties un juste mélange de pièces entre Orient et Occident, plutôt décontractées et désirables qui n'est pas sans évoquer ce que fut Paul & Joe à ses débuts londoniens. La créatrice Bu'rself bâtit pour sa part un univers de pièces construites en biais très cohérent. Côté enfant, la marque Chou-Chou Chic multiplie les détournements des classiques du vestiaire chinois avec des imprimés à la Marimekko. Autre coup de coeur : Hi Panda, créé par l'artiste contemporain chinois JiJi. Né en 1972 à Xinjiang, il ne cesse de s'interroger avec ses créations décalées sur les valeurs de la Génération Y de la Chine. Nés enfants uniques (cette politique a été mise en place par Deng Xiaoping en 1979), ils sont très souvent archigâtés. Enfants rois (?), ils cherchent leurs repères. Qualité, humour, osmose avec la cible. Le mix est gagnant. Isabelle Lefort

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