Les PME françaises laissent peu de place à la famille

Rien de tel que de pouvoir se reposer sur des valeurs sûres dans un environnement économique perturbé. La famille en fait partie. Selon une étude exclusive de Ernst&Young réalisée sur la base de 34.000 ETI (Entreprises de taille intermédiaire) recensées en Europe, elle constituerait même un gage de régularité et de performance financière sur longue période. Contribuant, dans la foulée, à la dynamisation de ce segment des PME, qui, comme le soulignent les experts, emploient plus de 28 millions de personnes sur le Vieux Continent. En revanche, la France laisse peu de place à la consanguinité entrepreneuriale. Seuls 30 % des 5.153 ETI enregistrées dans l'Hexagone sont contrôlées par des familles ou des dirigeants fondateurs. « La France est le pays européen qui compte le moins d'ETI patrimoniales : environ 1.500 contre 2.000 en Espagne et en Italie, 2.600 au Royaume-Uni et près de 5.000 en Allemagne », peut-on lire dans l'étude. contraintes fiscalesPour Jean-François Royer, associé Ernst&Young France, le constat est clair. « En France, une partie des entreprises patrimoniales ont disparu. Les contraintes fiscales y sont pour beaucoup. Certains entrepreneurs ont préféré céder leurs sociétés à cause des coûts de succession et liés à l'ISF », note le spécialiste. Autre différence notable par rapport au reste de l'Europe. Les PME patrimoniales françaises réalisent un chiffre d'affaires moyen de 129 millions d'euros. C'est 47 millions d'euros de moins que la moyenne européenne, et près de la moitié des revenus générés par une entreprise allemande. « Les ETI françaises sont moins performantes, car moins internationales que leurs homologues européennes », glisse Jean-François Royer. Notamment par rapport à leurs consoeurs germaniques, dont l'activité est beaucoup plus tournée vers l'export. Toutefois, les ETI familiales de l'Hexagone se distinguent par une rentabilité des capitaux propres élevée de 29,3 %, contre seulement 10,9 % en Espagne, 14 % en Italie ou encore 18,3 % au Royaume-Uni.Mais toutes en ont commun de devancer économiquement les ETI non patrimoniales. Selon les équipes de Ernst&Young, « elles sont à l'origine de 55 % des créations d'emplois réalisées par les ETI alors qu'elles ne représentent que 38 % des entreprises de cette catégorie ». Entre 2005 et 2007, leurs revenus ont crû de 21 %, contre 17 % pour les sociétés classiques. Et cela grâce, entre autres, à « des stratégies audacieuses qui peuvent demander plusieurs années avant de porter leurs fruits ».

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