Quand l'exécutif part à la conquête du monde

 |   |  802  mots
La Chine, l’Inde, le Japon, le Vietnam pour François Hollande, Singapour, les Philippines, le Cambodge, la Thaïlande, la Corée du Sud et la Malaisie pour Jean-Marc Ayrault... Le tandem à la tête de l’exécutif ne compte pas les miles pour relancer le made in France à l’export. « Nous aurons visité quasiment tous les pays de la région. C\'est une stratégie délibérée de ne pas se limiter aux grandes puissances. Nous avons aussi décidé de nous rendre dans les puissances moyennes, parce qu\'elles sont en pleine croissance », a indiqué lundi Jean-Marc Ayrault lors de son déplacement en Malaisie.Des marchés pour les PMEBien sûr, il est question de grands contrats. Le président de la République et son Premier ministre ne ménagent pas leurs efforts pour vendre des Airbus, des satellites, voire des Rafales…Mais leurs initiatives ont surtout pour objectif d’ouvrir de nouveaux marchés, de développer de nouveaux courants d’affaires pour les PME qui représentent 99% des 110.000 entreprises exportatrices tricolores. « On exporte environ 430 milliards d\'euros par ans, les grands contrats représentent quelques dizaines de milliards, ce qui veut dire que le commerce des PME représente environ 400 milliards. La stratégie du gouvernement est d\'influer sur cette masse », a fait valoir un conseiller de Matignon à l’AFP.>> Lire aussi : L\'export peut-il sauver la croissance française? « Il y a un déséquilibre commercial qui existe entre la France et la Chine. Nous devons travailler ensemble pour le résorber. La Chine n’entend pas être un pays qui veut des excédents et, je le dis ici, la France n’entend pas être un pays qui veut des déficits. Nous sommes donc prêts à nous entendre sur cette base », avait déclaré en juin François Hollande devant les membres du China Entrepreneur Club.« Ces années où on n\'a pas agi dans cette direction sont des années perdues, et nous sommes en train de les rattraper », a expliqué Jean-Marc Ayrault, pour qui « la France sous-estime parfois ses atouts alors qu\'elle est attendue partout car elle bénéficie d\'une image positive de savoir-faire, d\'innovation, de culture ».Avec ces voyages officiels, l’exécutif espère aussi inciter les entreprises françaises à prospecter des marchés en forte croissance. En 2012, la Malaisie a affiché un taux de croissance de son PIB de 5,6% selon la Banque mondiale. La Corée du Sud (+2%), l’Inde (+3,2%), le Vietnam (+5,3%), la Thaïlande (+6,4%), les Philippines (+6,6%), le Cambodge (+7,3%), la Chine (+7,8%) enregistrent en effet des performances macroéconomiques que le Vieux continent et en particulier la France peuvent leur envier.Développer les partenariatsEn Malaisie, comme dans tous les pays visités par les deux têtes de l’exécutif, le Premier ministre entend relancer l’export mais aussi développer les partenariats entre les entreprises des deux pays. Un contrat a été signé à cette occasion entre la société française publique LFB et Strovi, une société privée malaisienne sous délégation publique, pour un transfert de technologies en fragmentation du plasma sanguin. Les royalties du procédé cédé sous forme de licence sont estimées à environ 30 millions d\'euros sur vingt ans.Deux protocoles d\'accord ont été signés dans le domaine de la formation de la main-d’œuvre malaisienne. Le premier porte dans le domaine ferroviaire entre Thales et Might, organisme public malaisien, chargé de promouvoir les compétences en haute technologie. Le second a été conclu entre Eurosae, une entreprise française de formation dans les domaines aéronautique, espace et défense avec la malaise Mara, une institution gouvernementale spécialisée dans la formation dans les secteurs du commerce et de l\'industrie.La France se dit ouverte au mondeAlors que la France décroche en matière d\'attractivité, le tandem tente également de convaincre les investisseurs étrangers de s\'implanter en France. Paraphrasant François Hollande qui, lors de son déplacement en Inde en février, avait déclaré aux forces vives locales que la France leur offrait un accès privilégié à l\'Europe - « vous n\'avez pas une fenêtre, vous avez toute une porte qui vous est ouverte », avait-il indiqué - Matignon souhaite aussi attirer les investissements malais en France, jusqu’ici quasiment inexistants. Lors d\'un forum d\'affaires, Jean-Marc Ayrault a tout simplement lancé à l\'adresse des Malaisiens : « Venez investir en confiance ! Vous attendiez un signe, je suis venu vous le donner », a-t-il déclaré dans un discours très proche de celui prononcé en Corée du Sud quelques jours plus tôt.>> Lire aussi : BpiFrance Export peut-elle sauver le commerce extérieur?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :