RSA pour les jeunes  : un symbole fort

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Voilà, dans le discours présidentiel d'Avignon, une main tendue à la jeunesse française qu'il faut saluer. Même si, comme toujours chez Nicolas Sarkozy, le geste n'est pas dénué de visée tactique, cherchant à couper l'herbe sous le pied de l'opposition. Mais c'est un geste habile : juridiquement d'abord, l'extension du revenu de solidarité active aux moins de 25 ans était inévitable, leur exclusion des minima sociaux étant susceptible, depuis la réforme constitutionnelle, d'être attaquée par des citoyens devant le Conseil constitutionnel. Autant en faire une initiative présidentielle, surtout si elle est infiniment moins coûteuse que la TVA réduite dans les cafés-restaurants. dans une population qui passe sans cesse des CDD aux petits boulots en intérim, combien de jeunes de moins de 25 ans ont travaillé deux ans dans les trois dernières années, condition exigée pour ne pas transformer le RSA en assistance contre-productive ? Pas plus de 160.000 ! Politiquement ensuite, dans la perspective de 2012, il était temps de lancer une entreprise de séduction à l'égard d'une jeunesse qui a massivement voté à gauche. Même si la mesure provoque déjà grincements de dents à droite et railleries à gauche, où l'on pointe à juste titre qu'elle néglige les jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation. Sans oublier les cris de dépit des intéressés eux-mêmes qui espéraient obtenir une véritable allocation d'autonomie? Alors, tous mécontents ? Pas sûr. Car si l'extension du RSA ne change pas l'équation économique de la jeunesse, elle n'est que le premier pas d'une politique qui dit vouloir s'attaquer à tous les points de blocage de l'insertion des jeunes dans la vie active : de l'éducation jusqu'au logement, en passant par l'orientation, la fin des stages abusifs, etc. Et surtout, elle est un puissant symbole dans un pays qui a clairement laissé tomber ses jeunes adultes. Cela fait trente-cinq ans que la politique de la jeunesse s'en tient à la gestion de ses loisirs et au traitement social du chômage par la multiplication de dispositifs ? pas moins de 80 depuis 1973 ! ? qui en ont fait des citoyens de second rang : des TUC aux contrats jeunes, en passant par les contrats aidés, les Trace et autres Pare-PAP, sans oublier l'inénarrable CPE? Aujourd'hui, l'État les reconnaît citoyens à part entière. Et il affirme que la dégradation de leur situation relative est inadmissible dans une société qui les a écrasés de dettes pour financer son train de vie. C'était bien un minimum. vsegond@latribune.fr Valérie SEGOND

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