Les économistes jugent le scénario du gouvernement réaliste

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Le cadrage macroéconomique du projet de loi de finances 2011 est-il crédible, au point de permettre à la France de respecter ses engagements de réduction de déficit public?? Au regard des réactions des économistes interrogés par « La Tribune », on peut le penser. « Tabler sur une progression du PIB de 2 % en 2011 n'est pas scandaleux », considère Mathilde Lemoine, chez HSBC France. Même si cette prévision dépasse largement la sienne (+ 1,6 %) et davantage encore celle du groupe technique de la Nation (+ 1,5 %)?? « Compte tenu du manque de lisibilité de l'environnement économique national et international, cet écart n'est pas fondamental. On ne peut parler d'optimisme béat », poursuit l'économiste qui s'étonne néanmoins de deux choses?: le différentiel de croissance entre la France et la zone euro. « Que la France fasse mieux que ses voisins dans le contexte actuel de sortie de crise n'est pas évident. Quant à la perte de vitesse des États-Unis, elle me semble sous-évaluée. » Xavier Timbeau à l'OFCE modère aussi ses critiques. « Avec un taux de croissance de 2 %, la France peut réduire plus vite son déficit public qu'avec un taux de 1,5 %. Même si cette performance n'est pas inatteignable, elle ne coule pas de source, mais elle rassure Bruxelles », estime l'économiste. Pourquoi ce scepticisme?? « Après la récession de 1993, l'économie française avait rebondi avant de replonger en 1994, après la mise en place de plans d'austérité budgétaire par nos partenaires européens. L'histoire peut se répéter. »L'impact de la fin progressive des stabilisateurs automatiques (relèvement des prestations sociales et des allocations chômage) est également à prendre en compte car cela devrait peser sur les revenus des ménages, et donc sur la consommation qui, jusqu'à aujourd'hui, avait bien résisté.Une bonne surprise peut néanmoins être espérée. « Parce que les demandes de crédits des ménages et des entreprises accélèrent, parce que le moral des ménages et des industriels repart à la hausse, les raisons de croire en des jours meilleurs existent, avance Mathilde Lemoine. Jusqu'à ce que les banques centrales referment progressivement le robinet du crédit, vraisemblablement en 2012 », rappelle-t-elle. Fabien Piliu

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