La pluie perturbe la récolte des céréales aux États-Unis

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L'université du Mississippi est formelle : depuis le début de la récolte de céréales, les précipitations sont trois fois plus importantes que d'ordinaire dans le Mississippi, un des premiers États céréaliers d'Amérique. Dans l'Iowa et l'Indiana, les champs ont absorbé six fois plus de pluie que d'habitude. Des trombes d'eau qui détrempent les chemins et empêchent les engins agricoles d'atteindre leur butin de blé, de maïs et de soja. Alors que d'ordinaire, 60 % de la récolte de maïs est déjà dans les silos fin octobre, seulement 20 % de la production a été mise à l'abri cette année ! l'effet baisse du dollarDe quoi inquiéter les marchés à terme, où les cours de la céréale indienne ont bondi de 10 % ce mois-ci, dépassant même furtivement les 4 dollars le boisseau (*). Les États-Unis sont en effet les premiers producteurs de maïs et de soja. « Enfin », remarquent les spécialistes du marché à terme agricole, qui voyaient les céréales sombrer depuis plusieurs mois, dans l'attente d'une récolte exceptionnelle, voire record dans certains cas. Pour le maïs, l'effondrement des cours cette année semble particulièrement peu justifié. Les stocks de maïs sont en effet historiquement bas, puisqu'ils ne représentent que 17 % de la consommation contre plus de 20 % d'ordinaire, et une année exceptionnelle ne les comblera pas. Le retard dans la récolte pourrait d'ailleurs remettre en question les montants en volumes de la récolte. Les grains risquent en effet de se gâter, à rester trop longtemps dans les champs, et les rendements devraient être affectés par des problèmes de pourriture.La pluie n'est toutefois pas seule responsable de la hausse constatée ces dernières semaines sur le CBoT (Chicago Board of Trade) à Chicago, qui s'est aussi propagée en Europe sur le Liffe (ex-Euronext) où blé et maïs ont respectivement bondi de 6 % et 3 % en un mois. Comme les autres matières premières, les contrats sur les céréales attirent les investisseurs lorsque le dollar baisse. Non pas que les fonds de pension se précipitent directement sur le blé tendre ; mais les indices investis sur les matières premières sont particulièrement recherchés. Leurs placements sur les céréales augmentent donc, au point d'atteindre, dans le cas de certains marchés, la moitié des positions. Ainsi, sur les 117 milliards de dollars investis aux États-Unis sur les indices de matières premières, 6,4 milliards de dollars le sont sur le soja.Les aléas de la récolte américaine pourraient indiquer que maïs, blé et soja ont touché un plancher en termes de prix. La récolte globale de grains devrait atteindre 1.695 millions de tonnes pour l'année en cours, pour une consommation de 1.658 millions de tonnes selon la Société Généralecute; Générale. Mais selon la banque, la consommation pourrait grimper de 30 millions de tonnes en cas de reprise économique, ce qui fait planer une menace de déficit de production dès 2010. n (*) Un boisseau = 27 kg

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