Les serviteurs de l'état à la diète

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C'est une innovation de l'ère Sarkozy : à la demande du chef de l'état, d'anciens hauts fonctionnaires ayant fait fortune dans le privé reviennent servir l'État. Dans ce cas, leur nouvelle rémunération s'apparente plus, au regard de leurs émoluments antérieurs, à de l'argent de poche qu'à autre chose. Ils se considèrent donc en mission. Leur parcours peut donc être rapproché de celui du nouveau patron d'EDF, Henri Proglio, qui bien qu'il ne soit pas un ex-fonctionnaire accepte aussi de mettre ses compétences au service d'une entreprise publique.Le cas le plus emblématique de ces transferts atypiques est celui de Stéphane Richard. Cet ancien haut fonctionnaire n'était plus dans le besoin, après avoir vendu ses parts dans le promoteur immobilier Nexity et s'être enrichi lors du débouclage du LBO de cette société dont il avait retiré plus de 35 millions d'euros. « J'ai eu 24 heures pour réfléchir quand Jean-Louis Borloo m'a appelé en mai 2007 pour diriger son cabinet au ministère de l'Économie, explique-t-il. Le salaire n'est pas entré en ligne de compte dans ma réflexion. » Mais ses 11.000 euros mensuels en tant que « dircab » de Borloo puis de Christine Lagarde étaient même très en dessous de son salaire de patron de Veolia Transports. « Servir de nouveau l'État faisait partie de mes envies. L'occasion s'est présentée, je suis heureux de l'avoir fait. » Désormais Stéphane Richard est chez France Télécome;lécom, patron d'Orange France. Il doit succéder à l'actuel PDG, Didier Lombard, au printemps 2011. Quel sera son salaire ? « Nous sommes convenus que je m'alignerai sur l'existant, en l'occurrence sur le salaire actuel de Didier Lombard. »un refusL'autre cas emblématique est celui de François Pérol. Ce haut fonctionnaire s'était fait remarquer pour ses compétences dans le suivi des entreprises au cabinet de Francis Mer, ministre de l'Économie de 2002 à 2004, puis auprès de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Économie et des Finances à compter de mars 2004. Lorsque Nicolas Sarkozy a constitué son équipe à l'Élysée en mai 2007, il a appelé François Pérol à ses côtés. Celui-ci était devenu banquier d'affaires, associé chez Rotschild. Sa rémunération a tellement baissé lors de son arrivée à la présidence qu'elle suffisait à peine à payer ses impôts sur les revenus de l'année antérieure. En revanche, Pierre Mariani, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget (1993-1995), a refusé de rejoindre l'Élysée, comme le lui proposait son ex-patron. Il préside aujourd'hui aux destinées de Dexia. I. B. et J.-B. J.

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