France, Irlande, Espagne, Allemagne : des situations contrastées

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France. « Circulez, il n'y a rien à voir. » Tel est, en substance, le message délivré depuis plusieurs mois par les banques françaises lorsque la question de leur solvabilité est abordée. À l'occasion de la publication de leurs résultats annuels en mars, toutes ont assuré qu'elles seraient prêtes en temps et en heure à faire face aux nouvelles exigences de capitaux propres imposées par les règles de Bâle III à partir de 2013. Et, cela, sans faire appel aux marchés. Tout juste concèdent-elles qu'elles procéderont à une augmentation de capital si elles devaient effectuer de grosses acquisitions, afin de ne pas rogner leurs réserves. Au 31 décembre 2010, le ratio de fonds propres de base Core Tier One de BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricolegricole SA et Société Généralecute; Générale atteignait respectivement 9,2 %, 8 %, 8,8 % et 8,5 %. Soit un niveau supérieur au plancher de référence de 7 % établi par le Comité de Bâle pour le futur cadre réglementaire. Irlande. Les résultats des tests de résistance des banques irlandaises prévus jeudi en fin d'après-midi sont attendus avec fébrilité. Ils permettront d'évaluer l'importance des besoins de capitaux des établissements. Les aides publiques déjà injectées ont conduit à la nationalisation de quatre groupes : Anglo Irish Bank, Allied Irish Banks (AIB), EBS et Irish Nationwide Building Society (INBS). L'État a aussi pris une participation dans Bank of Ireland. Et le prochain établissement nationalisé pourrait être Irish Life & Permanent. Son action a été suspendue mercredi à la Bourse de Dublin après avoir chuté de plus de 40 %, lundi, à la suite de rumeurs sur ses besoins en fonds propres. Au total, le secteur bancaire a reçu 46 milliards d'euros d'aide et la publication du résultat des « stress tests » pourrait conduire à l'apport de plus de 20 milliards supplémentaires, selon les estimations. Le ministre irlandais de l'Économie, Richard Bruton, a déclaré mercredi que la vente d'une des grandes banques du pays à des investisseurs internationaux serait une « bonne idée » pour restaurer la confiance, citant Allied Irish Banks comme première candidate. Pour sa part, le Premier ministre, Enda Kenny, a annoncé qu'il dévoilerait jeudi son plan pour « une structure bancaire crédible », dans la foulée des résultats des stress tests.Espagne. Pour restaurer la confiance des investisseurs dans la solidité du secteur bancaire, le gouvernement a élevé en février le seuil des capitaux durs à 8 %, voire 10 % pour certains établissements (dont les caisses d'épargne). Il a aussi imposé la « bancarisation » (transformation en banques) des caisses qui seraient contraintes de se recapitaliser. À la lumière de ces critères, la banque d'Espagne a évalué les besoins du secteur bancaire espagnol à 15,1 milliards d'euros, dont plus de la moitié pour les caisses d'épargne engagées dans une restructuration majeure. Les douze établissements bancaires dans la nécessité de se recapitaliser ont présenté leur plan de recapitalisation lundi (« La Tribune » du 29 mars). Trois caisses d'épargne seront en partie nationalisées faute de trouver les investisseurs privés pour les soutenir. Portugal. Quant aux banques portugaises, dont cinq ont vu lundi leurs notes dégradées par Standard and Poor's, leurs problèmes tiennent plus à des difficultés de financement qu'à un déficit de solvabilité.Allemagne. Malgré les doutes récurrents sur la solvabilité des banques régionales, le secteur bancaire allemand avait plutôt bien réussi les stress tests effectués l'an dernier, avec un ratio de fonds propres (Tier One) global de 8,2 % dans le scénario le plus sévère. De fait, 13 des 14 établissements testés étaient apparus assez capitalisés. Seule Hypo Real Estate (HRE) avait échoué, avec un ratio de 4,7 %, nettement en deçà du seuil limite fixé à 6 %. Si l'édition 2011 des stress tests s'annonce un peu plus ardue, les résultats pour l'Allemagne dépendront beaucoup du choix des banques qui y seront soumises. « Si HRE et WestLB subissent les tests, je crois qu'il faudra faire très attention à ne pas traiter ces institutions, au milieu d'une phase de transformation, de la même manière que ceux qui ne sont pas en phase de restructuration », a souligné Axel Weber, le patron de la Bundesbank. Une chose est sûre : l'Allemagne ne semble pas prête à se voir imposer par le régulateur européen une recapitalisation forcée de certains de des établissements.Alexandre Maddens, Séverine Sollier et Benjamin Julie

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