2010, une année test pour la pharmacie

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Quel sera le visage du secteur pharmaceutique en 2010 ? Les laboratoires ont largement fait parler d'eux cette année, à coup de mégafusions (Pfizer-Wyeth, Merck-Schering Plough, Roche-Genentech) et de diversifications tous azimuts (Sanofi). La pharmacie clôt l'année à la troisième place pour le montant des fusions-acquisitions (170 milliards de dollars), derrière les compagnies pétrolières et les banques, selon Thomson Reuters. Surtout, « 2009 a montré à quel point cette industrie est indifférente à la récession. En Europe, les ventes des grands laboratoires ont augmenté plus rapidement qu'en 2008, en croissance interne de 5 % en moyenne », souligne Philippe Lanone, analyste chez Natixis Securities.Dès lors, l'année 2010 fera figure de test pour les laboratoires, pour la première fois frappés de plein fouet par la « falaise des brevets » (arrivée des génériques de leurs grands médicaments). Anticancéreux Taxotère de Sanofi en mai prochain (2 milliards d'euros de chiffre d'affaires), antiasthmatique Advair de GSK en septembre (20 % des ventes pharmacie du britannique), antidépresseur Effexor de Pfizer en juillet? au moins six « blockbusters » en feront les frais en 2010. Sans oublier les menaces pesant sur le Lovenox de Sanofi (2,7 milliards d'euros), produit biologique pour lequel les autorités américaines doivent prendre une décision imminente.29 molécules en attente« L'année sera aussi riche en lancements et autorisations de commercialisation », tempère Philippe Lanone. Pas moins de 29 molécules attendent une décision aux États-Unis ou en Europe (EMEA), selon FitchRatings. Parmi elles, l'antidiabétique liraglutide du danois NovoNordisk qui attend une réponse de la FDA (l'autorité sanitaire américaine) « dans les prochaines semaines », a indiqué le laboratoire ce mercredi. Autre point positif : la grippe A (antiviraux et vaccins), qui rapportera autant à Sanofi (500 millions d'euros) et GSK (1 milliard d'euros) qu'en 2009 ! Mais en matière de santé, rien n'est jamais certain : Pfizer vient d'annoncer l'arrêt d'un essai de phase III (le plus avancé) dans le cancer du poumon. Les industriels devront donc poursuivre leurs emplettes pour trouver de la croissance. Dès janvier, Novartis pourra exercer auprès de Nestlé son option sur le spécialiste des produits ophtalmiques Alcon dont il a acquis 25 % en 2008. Et le temps des « mégafusions » n'est pas révolu. « La pharmacie est encore loin d'être aussi concentrée que les autres secteurs : à long terme, on devrait arriver à quatre grands acteurs américains et trois européens », résume Philippe Lanone. Outre-Atlantique, BMS, qui commercialise le Plavix avec Sanofi jusqu'en 2011, et Lilly, qui va perdre trois best-sellers dans les deux ans, sont cités régulièrement comme prédateurs. Quant à l'anglo-suédois AstraZeneca, très exposé à partir de 2012 (Nexium, Seroquel), il fait figure de cible. Sans oublier les dossiers en suspens ? le génériqueur allemand Ratiopharm devrait annoncer son repreneur avant la fin mars.

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