La CGT ne signera pas l'éventuel accord sur l'emploi

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Tout indique que la centrale de Bernard Thibault ne signera pas un éventuel accord réformant le marché du travail. Patronat et syndicats doivent se revoir les 10 et 11 janvier pour tenter d\'aboutir à un \"compromis historique\", selon les propres termes de François Hollande, liant sécurisation des parcours professionnels pour les salariés et davantage de flexibilité pour les entreprises. Autant le suspens reste entier sur une éventuelle signature de FO, autant, donc, la position de la CGT semble déjà scellée. Il n\'y a, pour s\'en convaincre, qu\'à s\'arrêter sur les termes employés par la centrale de Montreuil pour commenter les dernières données sur le chômage parues le 27 décembre. Un communiqué qui dénonce certes la politique menée par le gouvernement mais, surtout, qui anticipe sur le résultat de la négociation. Ainsi: \"Les plus fortes entrées au chômage, pour le mois de novembre, concernent les salariés en contrat à durée déterminée. Elles montrent, si besoin était, que la flexibilité et la précarité dans notre pays sont un véritable fléau et qu\'il nous faut le combattre.\" Plus loin, très clairement, la CGT abat ses cartes: \"La CGT réaffirme qu\'elle s\'opposera à toute mesure qui renforcerait la précarité et la flexibilité dès la prochaine séance de négociation qui se tiendra les 10 et 11 janvier prochains\"... Pour la CGT, c\'est donc \"niet\" à toute idée de flexibilité supplémentaire, soit exactement ce que cherche a obtenir le patronat dans la négociation. Ce sera donc sans elle.Le gouvernement table sur une opposition bienveillante de la CGT Au ministère du Travail, on ne doute pas du futur refus de signature de la confédération de Bernard Thibault. En revanche, on espère pouvoir compter sur \"son opposition bienveillante\". C\'est-à-dire une opposition pas trop démonstrative, sans appel à des arrêts de travail ou des manifestions pour protester contre le futur accord. L\'arrivée en mars 2013 à la tête de la centrale de Thierry le Paon pour succéder à Bernard Thibault est d\'ailleurs considérée dans l\'entourage de Michel Sapin comme un signe encourageant: l\'impétrant étant connu pour son sens du dialogue. Oui, sauf que Thierry le Paon n\'était pas le candidat \"naturel\" de Bernard Thibault, et qu\'il va certainement avoir besoin de s\'affirmer face à de grosses confédérations peut-être tentées, d\'ici quelques mois, d\'embarrasser le gouvernement si les résultats sur le front du chômage ne sont pas là. Ainsi, Bernard Thibault, intervenant ce 28 décembre sur RMC-BFM, semble avoir planté le décor en déclarant \"douter fortement\" d\'une inversion de la courbe du chômage fin 2013, tant que le gouvernement ne changera pas de politique. Et le leader CGT de dénoncer le refus de nationaliser temporairement le site sidérurgique de Florange ou les \"20 milliards de crédit d\'impôt offerts aux entreprises sans contrepartie\". Bref, pas vraiment un comportement traduisant une neutralité bienveillante.  

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