Kabuto-chô a sauvé sa performance en 2009 mais reste sous pression

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JAPONCompte tenu du peu de popularité dont elle a bénéficié cette année, la Bourse du Japon sera tout de même parvenue à sauver les meubles. Mercredi, à l'occasion de sa dernière séance de l'année, l'indice Nikkei 225 a clos 2009 sur un gain annuel de 19 % à 10.546,44 points. Avec en tête des meilleures performances, l'automobile, dopée par des plans de relance (+ 53 %), et, plus attendu, en bas de tableau, le secteur aérien (? 43,6 %), miné par les déboires de Japan Airlines, et les banques (? 22 %), in fine, le Nikkei aura effacé le mauvais souvenir de 2008, année désastreuse au cours de laquelle il avait perdu 42,1 %, même s'il s'est passablement écarté de ses records ? 18.261 points, en juillet 2007 et 38.915 points il y a tout juste vingt ans. Et qu'à en croire les pronostics prudents des stratèges, il lui faudra plus d'une année pour renouer avec eux. Pour 2010, peu se hasardent à donner des perspectives chiffrées ? Shinko Securities table sur un indice entre 11.500 et 12.000 points ? mais beaucoup craignent encore les retombées négatives de la déflation. « C'est le problème le plus important que le pays doit surmonter », estime un analyste chez Tokai Tokyo Securities, « mais le gouvernement et la banque centrale n'ont pas encore adressé aux investisseurs de message fort à ce sujet », regrette-t-il. Tout n'est cependant pas noir au pays du Soleil-Levant. Les incertitudes politiques se sont atténuées. L'opposition a remporté les élections législatives cet été et son plan de relance annoncé en décembre a révélé que la nouvelle équipe au pouvoir n'était pas dénuée de pragmatisme. Ensuite, la vigueur du yen, raison avancée pour expliquer la sous-performance de la Bourse cette année, commence à flancher. Sa parité avec le dollar est passée de 86 à 92 yens pour 1 dollar depuis le début du mois. De surcroît, cette tendance pourrait s'accentuer, le yen étant en train de redevenir la devise favorite des adeptes du « carry-trade », stratégie spéculative consistant à jouer sur les écarts de rendements des devises. Dans ce contexte, les performances des entreprises pourraient faire la différence. élément de soutienElles devraient être un élément de soutien en début d'année. « Les sociétés ont plus de visibilité qu'en septembre dernier », note Emmanuel Hermand, stratège chez Nomura. Selon ses estimations, leurs bénéfices nets (Nomura 400 hors financières) devraient être multipliés par 2,7 en mars 2010 (fin de l'exercice), et progresser de 108 % en 2011. Côté valorisation, financières comprises, les multiples sont estimés à 35,7 fois en 2010 et 18,7 fois en 2011. Marjorie Bertouille

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