Le taux à 10 ans grec atteint son plus haut niveau de 2010

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Fin d'année délicate pour les obligations grecques. Évoluant en sens inverse des prix, le taux des titres d'État à 10 ans helléniques a touché jeudi pour la deuxième séance consécutive son plus haut niveau de l'année, à 12,55 %, soit 9 points de base de plus que le record de 12,46 % atteint le 7 mai au plus fort de la crise grecque. Certes, Athènes a, depuis, entrepris des efforts considérables pour rétablir ses finances publiques, et ces tensions peuvent pour partie être mises sur le compte de la faible liquidité des marchés, traditionnelle en fin d'année. Mercredi, le ministère des Finances grec a annoncé que la masse salariale avait baissé de 15 % sur les neuf premiers mois de l'année dans 52 entreprises d'État, tandis que le courtier National P&K estime que la croissance pourrait repartir en 2012 grâce à l'investissement après une récession estimée à 3 % en 2011.Ces tensions augurent néanmoins des inquiétudes persistantes des investisseurs quant à la soutenabilité des plans d'austérité à l'oeuvre dans les pays « périphériques ». Alors que Fitch a placé fin décembre la note BBB- de la Grèce sous surveillance négative, Moody's a mis sous surveillance les notes de l'Espagne puis du Portugal après avoir dégradé de 5 crans celle de l'Irlande. Malgré les achats d'obligations « périphériques » de la BCE, qui ont doublé la semaine dernière, les taux à 10 ans de Madrid, Lisbonne et Dublin restent proches de leur plus haut de l'année, à respectivement 5,45 %, 6,61 % et 9,04 %. Les émissions de dette de ces pays seront particulièrement scrutées par les investisseurs l'an prochain. Alors que la Grèce reprend ses placements à court terme en janvier, le Portugal et l'Espagne ont annoncé des émissions brutes respectives de 20 et 94 milliards d'euros de dette. J. B.

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