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Le sacre des lumières

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Publié le 30 décembre 2010 à 22:22 - Mis à jour le 30 décembre 2010 à 22:22

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Symboles du cocooning, les bougies parfumées illuminent les fêtes. Dans un marché français de la parfumerie et des cosmétiques estimé à 7 milliards d'euros en 2010, leur part ne cesse de croître. Avec + 25 % dans les grands magasins, le marché fait des adeptes. Pas un designer qui ne lance sa bougie. Pour le parfumeur Francis Kurdjian, « c'est un objet pas compliqué, plus simple à produire qu'un parfum. Elle cristallise les émotions. » Ceci étant dit, dans la multitude grandissante de l'offre, l'époque privilégie le retour au classicisme et à la simplicité. À cet exercice, deux maisons excellent : Diptyque et Trudon. Créée en 1961, Diptyque applique depuis cinquante ans la même recette : « Le sublime, c'est la simplicité. » Le concept est né de la rencontre de trois amis des Beaux-arts, Desmond Knox-Leet, Christiane Gautrot et Yves Coueslant, lesquels n'ont eu de cesse de créer un univers inspiré de leurs voyages, mais aussi de leurs expériences dans la nature. Leurs premières collections de tissus font un flop. Ils ne se démoralisent pas. En 1963, Desmond a l'idée de créer leur première ligne de bougies parfumées. Le succès prend corps : en 1968, l'eau de Diptyque confirme l'engouement de la clientèle germanopratine pour les créations de la boutique du 34, boulevard Saint-Germain. Depuis, avec plus de 15 eaux de toilette, 4 eaux de Cologne, 24 vaporisateurs et des bougies parfumées à foison, l'expansion se poursuit. Disposant de 700 points de vente à l'international, la marque figure parmi les plus recherchées du monde du luxe. La clé de leur réussite ? Un produit authentique. Avec des mèches en coton, sans plomb, collées manuellement au fond du verre, les bougies en paraffine diffusent leur clarté entre cinquante et soixante heures en moyenne. Chacune illustre une odeur atypique : figuier, thé, feu de bois, gardenia. La cohérence est de mise, le design des étiquettes ne varie pas, aucune dépense superflue ne vient alourdir les comptes ; seul importe le produit. Au 78, rue de Seine, la même philosophie conduit depuis 1643 la Maison Trudon, la plus ancienne manufacture cirière du monde. Fournisseur officiel de la cour de Louis XIV, anoblie par Louis XVI, elle a survécu à la Révolution avant de devenir l'une des fabriques préférées de Napoléon. Aujourd'hui encore, ces cierges brûlent dans la plupart des grandes cathédrales de France, dont l'église Saint-Roch. La blancheur de ces bougies végétales en cire naturelle, récoltée auprès des plus grands apiculteurs, est obtenue après des lavages répétés dans des eaux filtrées par les gypses. Ici, ni paraffine ni dérivé minéral issu de la pétrochimie, les bougies ne contiennent aucune substance potentiellement dangereuse de la liste Ospar épinglée par Greenpeace. La combustion des mèches en coton est longue et régulière, aucun crépitement et encore moins de vacillement de flamme. Les fleurons de la maison invitent à la poésie : Odeur de Lune, Spiritus Sanctus, Chandernagor, Balmoral, Mademoiselle de la Vallière. Le fruit de ce savoir-faire exceptionnel rencontre un succès international : Trudon devrait terminer l'année à 144 millions d'euros de chiffre d'affaires et 150.000 bougies produites par an. Sous sa filiale CIR, elle fournit près de 70 labels, dont Hermès et Dior. Depuis 2005, c'est Ramadane Touhami qui entreprend de dynamiser la maison. Sa dernière idée ? Des boules puantes... Pas sûr que l'ancêtre Charles Trudon apprécie, mais la modernité n'implique-t-elle pas de casser les codes ?

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