Affaire Madoff : le liquidateur assigne JP Morgan et BNP Paribas

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Pour récupérer l'argent des victimes, Irving Picard, le liquidateur de Bernard L. Madoff Investment Securities (BLMIS), a jusqu'au 22 décembre 2010 pour assigner.

Pour récupérer l'argent des victimes, Irving Picard, le liquidateur de Bernard L. Madoff Investment Securities (BLMIS), doit assigner. Et il a jusqu'au 22 décembre 2010 pour le faire. Après, il y aura prescription. Irving Picard s'active donc et attaque en justice.

Dernière visée : JP Morgan Chase (JPMC). Dans une plainte datée du 2 décembre, et dont la banque américaine a obtenu qu'elle reste sous scellés, il lui réclame 6,4 milliards de dollars dont 1 milliard pour commissions et bénéfices et 5,4 milliards de dommages et intérêts.

JP Morgan Chase est poursuivie pour son rôle de banque principale de BLMIS pendant des décennies. « La banque a délibérément fermé les yeux devant la fraude, même après avoir eu connaissance des signaux et alertes autour de Madoff », a déclaré David Sheehan, associé chez Baker & Hosteler et conseiller de Irving Picard. Et d'ajouter : « JPMC était au centre même de cette fraude, et bien complice. » Le Ponzi ne pouvait pas se faire sans elle, affirme l'avocat.

L'argent qui entrait et sortait de « Madoff » était déposé sur son compte (numéro 1703) chez JPMC. Dès lors, qui mieux que la banque pouvait le contrôler ? Comment a-t-elle pu voir des mouvements alors que les transactions étaient fictives ? Elle n'a pourtant rien fait, excepté empocher, entre 1993 et 2008, 483 millions de dollars de commissions pour la gestion du compte.

Le liquidateur reproche aussi à la banque d'avoir « admis dans les mois qui ont précédé l'arrestation de Bernard Madoff que les rendements délivrés par BLMIS étaient trop beaux - en particulier dans des marchés baissiers - pour être vrais ». Une idée qui ne l'a jamais effleuré auparavant. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été prévenue puisque des audits internes à la banque, réalisés entre 2006 et 2007, évoquaient une « possibilité de fraude » dans les fonds nourriciers Madoff dans lesquels elle était investie. Elle a d'ailleurs retiré 250 millions de dollars d'un de ces fonds (Sentry Fund) en septembre 2008, alors qu'il gagnait 5 %. Et ce, sans avertir ses clients qui ont continué à investir dans Madoff. Avait-elle senti le vent tourner ou était-elle au courant de la fraude ? La banque répond simplement que les conditions de marché de l'époque l'ont poussée à réduire de 40 % son exposition aux hedge funds.

« Family office »

Irving Picard a déposé une autre plainte le 2 décembre portant sur 160 millions de dollars et visant BNP Paribas et des entités luxembourgeoises de la banque. Sans faire de commentaire, celle-ci a confirmé à « La Tribune » avoir bien reçu la plainte. BNP Paribas est poursuivie pour sa gestion administrative de Oreades (deviendra en 2004 Luxalpha), Sicav créée en 1997 à l'initiative du « family office » de Liliane Bettencourt et investie dans Madoff. Mais en 2004, la Sicav est dissoute et les porteurs de parts remboursés, intérêts compris. C'est justement cet argent que le liquidateur veut récupérer. Reste à savoir si BNP Paribas paiera ou si elle se retournera contre le promoteur de l'époque, à savoir le « family office » de Liliane Bettencourt.

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