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Fusion : Nyse Euronext et Deutsche Börse planchent sur les griefs de Bruxelles

Christèle Fradin

Publié le 07 octobre 2011 à 07:47 - Mis à jour le 07 octobre 2011 à 08:08

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Les deux bourses candidates à la fusion sont entrés dans la phase contradictoire avec la Commission européenne. Elles ont deux semaines pour répondre.

Nyse Euronext et Deutsche Börse se sont remis au travail. Mercredi soir, les deux opérateurs boursiers candidats au mariage ont reçu la liste des griefs de la part des services de la concurrence de la Commission européenne. Mais les intéressés sont restés muets sur le contenu du document. Pour de nombreux observateurs, il ne faisait pas de doute que Bruxelles a dû renouveler sa crainte d'une diminution de la concurrence dans le domaine des produits dérivés.

Ensemble, Nyse Euronext et Deutsche Börse - ou plutôt leurs bras armés sur les dérivés Liffe et Eurex - pèsent plus de 90 % des volumes échangés en Europe sur les marchés réglementés, sur ce segment. Les deux opérateurs ont tenté jusqu'alors de convaincre les services de la concurrence d'opter pour une définition large de ce marché, prenant en compte à la fois la concurrence au niveau mondial mais également celles s'exerçant avec les échanges réalisés de gré à gré.

En août dernier déjà, lorsqu'elle avait indiqué son intention de procéder à un examen approfondi du dossier, la Commission avait évoqué ses inquiétudes sur la négociation et la compensation de produits dérivés. Certains rivaux ont par ailleurs souligné à la Commission le problème de la détention par les opérateurs d'indices boursiers.

Négociations repoussées

Désormais informés de la liste de griefs de Bruxelles, Nyse Euronext et Deutsche Börse ont deux semaines pour répondre, avant qu'une audition ne soit éventuellement organisée à la fin du mois. Celle-ci pourra être l'occasion de défendre le projet devant un auditoire plus large que la seule direction de la concurrence et permettrait aux clients ou rivaux de s'exprimer. Il ne s'agit à ce stade que « d'une position provisoire de la Commission » qui ne présage pas de la suite, selon les intéressés. Aucune concession, aucun engagement n'est exigé à ce stade. Les fiancés pourraient prendre les devants, s'ils le souhaitent. Mais la phase de négociation, si elle doit avoir lieu, est pour plus tard. La Commission, de manière collégiale, a jusqu'au 13 décembre pour rendre son verdict.

La semaine n'est toutefois pas sans bonne nouvelle pour Nyse Euronext et Deutsche Börse. Le conseil de la Bourse de Francfort, instance suprême de surveillance de la place de Francfort, a jugé positivement les conséquences de la fusion, estimant que cette union « créait la possibilité d'un système financier plus sûr, plus stable et mieux régulé en Europe » et « des opportunités pour l'économie réelle ». Cette instance est formée de 17 membres des principaux acteurs du marché et du ministère hessois de l'Economie. Un ministère dont on attend toujours l'avis sur la légalité de cette fusion.

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Christèle Fradin

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