En redressement judiciaire depuis le 16 janvier, avec une période d'observation de six mois, et en arrêt total depuis plusieurs semaines, Scorpa, fabricant de motos trial implanté à Alès, envisage de redémarrer sa production
Qu'est-ce qui a conduit ce fleuron industriel du bassin alésien à se trouver dans une telle situation ?
Alors que notre activité était en hausse de 48 % sur le premier semestre 2008, un élément est venu troubler ce retour au bénéfice, la grève des dockers à Marseille qui a eu pour conséquence de bloquer notre production, faute de pièces. À partir de là, on a connu des relations très complexes avec nos banquiers qui ont tout simplement refusé d'échelonner nos encours. On espérait une solution qui n'est pas venue. On avait tablé sur 10 M€ de CA consolidé, fin 2008, finalement on n'aura fait qu'un peu moins de 6 M€, le blocage lié aux banques nous ayant coûté 1 M€ de résultat et 3 M€ de CA.
Où en êtes-vous aujourd'hui ?
On a entamé des négociations avec des fonds d'investissement qui, si elles aboutissent, nous permettront de garder la production sur le site. Sinon, on est aussi en discussion avec des partenaires industriels et dans ce cas, c'est quasiment certain, la production pourrait partir à l'étranger où il est beaucoup plus facile de produire ce type de machines.
Les ateliers sont toujours à l'arrêt ?
Les 30 salariés du site ont repris le chemin de l'entreprise après les congés de fin d'année et normalement, la production devrait redémarrer d'ici à une dizaine de jours, avec comme objectif d'atteindre rapidement les 100 à 200 motos par mois.