L'art contemporain à Paris

 |   |  324  mots
Après New York, capitale du marché, les deux grandes sociétés de ventes anglo-saxonnes organisent des vacations d'art contemporain à Paris. Un pari osé. Histoire de montrer combien la France peut jouer un rôle (plus) important dans ce secteur.

Jusqu'à la crise de cet automne, les ventes d'art contemporain les plus notables se faisaient à New York où l'unité de compte était la dizaine de millions de dollars. Sotheby's et Christie's continuent ce printemps d'y mettre en vente des oeuvres importantes, mais, fait nouveau, proposent également fin mai dans leurs filiales parisiennes des toiles et sculptures de la fin du siècle passé à des estimations encore très élevées. Il est vrai qu'avec le retournement du marché, les deux maisons anglo-saxonnes ont révisé leurs stratégies, désormais axées sur des prix plus raisonnables pour les acheteurs et des garanties moins élevées pour les vendeurs.

De même, plutôt que d'organiser beaucoup de vacations, elles préfèrent en proposer moins, mais de meilleure tenue. L'an passé, à elles seules ces deux maisons avaient réalisé en France plus de 300 millions de chiffre d'affaires quand les 74 sociétés regroupées dans Drouot Holding n'en réalisaient que 411. Paris, moins touchée par la spéculation, retrouve ainsi un rang qu'elle avait progressivement perdu ces derniers temps.

Fin mai, Christies et Sotheby's mettent aux enchères dans leurs locaux parisiens, dans un décorum soigné, une centaine d'oeuvres d'artistes contemporains, jouant sur "l'effet de la vente Bergé-Saint Laurent" qui en mars avait engrangé 373,9 millions d'euros, un record mondial du genre. D'ailleurs un portrait du couturier par Warhol dans les tons roses et noir figure comme "tête d'affiche' (700.000 euros escomptés) de ces journées, avec Dubuffet, Lalane, Picasso, Ripoelle, Soulages,...

Ces vacations , qui suivent de peu celles de New York, donneront la température d'un marché qui s'est sérieusement grippé: si les prix de l'art contemporain ont plus que doublé entre 2002 et 2008 selon Artprice, ils sont en recul de 20% depuis. Avec, plus grave, des taux d'invendus qui approchent les 50% quand l'an passé ils dépassaient les 85%.

 

Les 27 et 28 mai, renseignements: www.christies.com et www.sothebys.com

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :