Objets de désir et d'innovation à la Cité des Sciences

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La Cité des Sciences et de l'Industrie à la Villette à Paris accueille l'Observer du Design du 9 novembre 2010 au 13 mars 2011.

Pour la 10ème année consécutive, la Cité des Sciences et de l'Industrie à la Villette accueille l'Observer du Design. Plus qu'un inventaire à la Prévert, les 209 réalisations présentées par l'Agence pour la Promotion de la Création Industrielle (APCI) évoquent la complainte du progrès de Boris Vian : « Viens m'embrasser, Et je te donnerai Un frigidaire, Un joli scooter, Un atomixer, Et du Dunlopillo... ».

Organisés autour d'une scénographie concentrique basée sur la couleur, telle un nuancier, ces objets issu de tous les secteurs de l'économie, séduisent d'emblée par leur capacité d'innovation. Comme un enfant émerveillé devant une boîte de crayons de couleurs, on se prend au jeu de l'observation et de l'analyse. En vrac : un présentoir à fruits qui les séparent les uns des autres en les posant sur de petites corolles évitant qu'ils s'abîment. Un téléphone au look années 60 qui intègre toutes les technologies d'aujourd'hui, cocktail de nostalgie et de modernité. Un égouttoir conçu d'une seul pièce de tôle pour en faciliter le nettoyage et permettant d'y ranger couverts et assiettes avec élégance. Une centrale vapeur qui reprend les codes du linge avec sa jolie forme en panière et conjugue fonctionnalité, compacité et ergonomie. Un balai brosse sans seau.

Plus étonnante : une peinture sensitive qui transforme les murs en commande tactile d'un équipement électrique. Cet « interrupteur » n'est plus localisé en un endroit très précis mais sur toute la surface du mur. Ou encore : une tablette tactile multimedia truffée de recettes de cuisine en vidéo et qui permet de planifier les menus ou une liste de courses automatiques. Conçu pour l'univers hostile de la cuisine, ce petit écran ne souffre ni des projections, ni de l'humidité, et pour l'environnement un plastique recyclable et une basse consommation électrique.

Les ados apprécieront Tanagra la nouvelle guitare de scène de Matthieu Chedid dont le manche sait générer des effets spéciaux sur la scène. Et les amis des bêtes le piège à souris et à rats, sorte de culbuto qui capture sans tuer, ?uvre d'un jeune indien Aakash Dewan.

On retiendra de cette exposition que le design s'appuie définitivement sur les modes de vie et des usages, se faisant ainsi l'écho des évolutions sociétales et sociales, des préoccupations des consommateurs et de la diffusion des technologies. Ainsi l'environnement est-il dignement représenté par un élégant bateau, des enceintes portables ou un chargeur fonctionnant tous à l'énergie solaire. La sécurité, elle aussi toujours au centre de nos préoccupations, s'attaque aux casques de motos mais aussi à la protection des maisons (détecteurs au dioxyde de carbone) et à la surveillance des bébés (webcam qui se connecte sur l'Iphone ou sur l'ordinateur).

Devant toutes ces nouveautés, c'est sûr, Gudule aura envie d'envoyer valser son « son four en verre, ses tas de couverts, ses pell' à gâteaux, son éventre-tomates et son écorche-poulet ».
 

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