L'instabilité politique risque de s'inviter à la réunion de l'Opep

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Trois des douze membres du cartel ne savent pas encore qui envoyer à la réunion du cartel, le 8 juin.

Si elles ne sont jamais loin des priorités du cartel, les questions géopolitiques risquent de prendre de la place lors de la réunion de l'Opep, le 8 juin à Vienne. L'organisation ne s'est pas réunie depuis décembre dernier, alors que les six derniers mois ont bouleversé plusieurs de ses douze membres et les doutes planent sur les participants à la conférence. « Nous ne savons pas qui viendra », assure-t-on à l'Opep à Vienne.

L'Iran, à qui la présidence tournante de l'Opep a échu, n'a plus de ministre du pétrole : Massoud Mirkazemi a été remercié par le président Ahmadinejad, qui entend reprendre ses fonctions, et a un temps caressé l'idée de présider la conférence. Un projet contre lequel le Guide suprême et le Parlement se sont insurgés. « Le président Ahmadinejad poursuit une logique prédatrice en distribuant les contrats pétroliers à ses proches ces derniers temps. Il rencontre une forte opposition interne, car le pouvoir est très dispersé entre les différentes autorités », assure Frédéric Encel, spécialiste de la région et auteur de « Comprendre la géopolitique ». Si le président iranien ne participe pas à la réunion du 8 juin, c'est aussi parce que l'Arabie Saoudite aurait vu d'un très mauvais oeil qu'une telle tribune lui soit offerte.

La voix de la Libye

L'identité du représentant libyen est aussi en suspens. Chokri Ghanem, le ministre du pétrole de Kadhafi a annoncé sa défection le 1er juin, à Rome et son soutien aux opposants du régime. Le ministre des Finances et du Pétrole du gouvernement provisoire, Ali Tarhuni, avait émis l'intention d'y participer, mais il est peu probable que l'Opep l'accueille. Les rebelles libyens n'ont été reconnus que par une poignée de pays, et l'Opep, qui a l'habitude d'afficher une extrême prudence sur les questions politiques, ne devrait pas prendre les devants. La voix de la Libye, qui ne produit plus que 200.000 à 400.000 barils par jour, ne devrait de toute façon pas être primordiale. La question du représentant nigérian, dont le président, Jonathan Goodluck, élu mi-avril est en train de constituer un gouvernement, se pose également. Dans ce contexte compliqué, où le consensus sera difficile à établir, la revue « Energy Intelligence » évoque pourtant un relèvement de la production du cartel, qui serait inédit depuis 2007 et porterait sur 500.000 à 1,5 millions de barils par jour. Certains membres voient d'un mauvais oeil la Russie, actuellement premier producteur de pétrole au monde avec 10 millions de barils par jour, capter les parts de marché de l'Opep alors que les quotas et la guerre en Libye limitent la production du cartel. Les pays de l'Opep produisent 28,8 millions de barils par jour, alors que le marché en absorberait facilement 30 millions, de l'aveu des économistes de l'Opep.

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