Guillaume Rolland : le réveil du prodige ingénieux

Perrine Créquy

Perrine Créquy
| Article publié le 1er mai, mis à jour le 27 mai.
Guillaume Rolland est un étudiant comme les autres, ou presque. En première année de formation d'ingénieur à l'Université de technologie de Compiègne (UTC), le jeune homme de 18 ans a préparé le lancement mercredi 27 mai des préventes du Sensorwake, le réveil par diffusion de senteurs qu'il a inventé, sur la plateforme américaine de financement participatif Kickstater.
Il la cofondera avec Ivan Skybyk, un entrepreneur nantais comme lui, mais « plus expérimenté et plus vieux ». En effet, son futur associé est âgé de... 29 ans.
C'est le quotidien qui inspire ce jeune inventeur. Il a appris le bricolage et la débrouillardise, avec son père et chez les scouts. Chef de troupe, il a insufflé son amour de la technologie au sein des patrouilles, en concevant par exemple une machine équipée d'un clavier et d'un logiciel, pour transmettre en morse et par signaux lumineux un texte tapé en français. Enfant déjà, il démontait ses voitures télécommandées pour en étudier le fonctionnement, et occupait ses vacances par des concours d'ingéniosité avec son cousin.
L'esprit de compétition chevillé au corps, ils rivalisent de créativité pour s'illustrer dans un concours organisé par le magazine Sciences & Vie Junior.
Sa première victoire, il l'a obtenue à l'âge de 13 ans, avec le Ti Infuseur, un bras robotique qui optimisait l'infusion d'un sachet de thé en le remuant et en le retirant de la tasse au moment optimal, selon la nature du thé.
Convaincu qu'il faut « donner du sens à la recherche avec des applications économiquement fiables », il mobilise sa créativité pour « apporter des solutions "pratico-pratiques" dans l'univers de la maison ».
C'est ainsi qu'en 2013, il a gagné avec un ami le concours « Jeunes testeurs » de l'Institut national de la consommation, grâce à leur essai comparatif des serviettes de plage, passant notamment en revue l'adhérence du tissu au sable, le temps de séchage sans oublier le prix : «
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L'idée du réveil olfactif Sensorwake a elle aussi germé de l'observation d'une réalité concrète :
Il a donc fait travailler ses méninges pour imaginer un dispositif capable de tirer les assoupis de leurs rêves avec douceur et sans bruit stressant.
Alors scolarisé en terminale S au lycée Saint-Josephde-Loquidy à Nantes, il combine les révisions du baccalauréat - qu'il a évidemment obtenu avec la mention « très bien » - et les expériences dans le laboratoire de sciences de l'établissement.
Après plusieurs mois de travail, il présente son réveil olfactif au Concours des jeunes créateurs et inventeurs de Monts (Indre-et-Loire) en mai 2014. Un « simple prototype », dont il a déjà calibré avec précision le bruit sonore émis par la turbine et la distance de propagation du flux d'air, et qui diffuse une senteur de menthe poivrée de sa confection. Il décroche plusieurs prix, ainsi qu'une médaille d'or au Concours Lépine.
D'autres succès suivront. L'Office national de la propriété intellectuelle consacre la technologie - brevetée sur le territoire français - de ses cartouches de senteur, « composées de billes polymères imprégnées sans particules volatiles, ni solvants et entièrement recyclables ».
Il collectionne les trophées, avouant apprécier les coupes volumineuses « comme celle de la Ligue des Champions » en football. En Suisse, sa victoire dans le concours de création d'entreprise « Graines de Boss » lui permet de commencer à s'entourer de mentors prestigieux, « notamment le patron de la banque Julius Bär, et le patron de Sage, qui fournit le logiciel pour gérer les capsules de café Nespresso ». Un modèle économique et une technologie semblables à celle de ses dosettes olfactives, interchangeables et réutilisables 60 fois.
Il propose même de se réveiller avec l'odeur du dollar... Il a d'ailleurs passé une semaine aux États-Unis en septembre dernier, en tant que premier Français sélectionné pour participer à Google Science Fair, un programme consacré aux innovateurs. Ce concours, il ne l'a pas gagné. Mais qu'importe. Il est beau joueur. Et ce nouveau coup de projecteur lui a valu les hommages de la secrétaire d'État au Numérique, Axelle Lemaire.
Depuis, il adresse des comptes-rendus réguliers à la secrétaire d'État au Numérique pour l'informer des progrès de son projet.
Le parcours exceptionnel de Guillaume Rolland suscite la curiosité.
Guillaume Rolland en a bien l'intention. Dans deux ou trois ans, lui qui revendique l'innovation comme son « blaze » prévoit de lancer un nouvel objet connecté pour la maison.
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>>> Trois questions à Guillaume Rolland, créateur du SensorWake / Propos recueillis par Laurent Lequien
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>> MODE D'EMPLOI
Où le rencontrer ? Là où l'on accède par le rail. « Je voyage souvent entre Compiègne, Paris et Nantes. Sinon, je suis joignable via Twitter, Facebook et Google Hangouts. »
Comment l'aborder ? S'étonner de son âge. « Souvent, on me dit : J'ai un fils (ou un petit frère) de ton âge. Je trouve cette remarque sympathique. Cela montre que l'on peut discuter de choses sérieuses quels que soient l'âge ou l'écart de génération. »
À éviter ! La vulgarité. « Dans certaines émissions à la radio ou à la télé, on a commencé par me demander si l'odeur du pet était disponible pour le Sensorwake. Ces introductions beaufs sont affligeantes. »
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