Migrations incontrôlées, terrorisme, pétrole, Chine et climat : le forum de Davos sous haute tension

 |   |  618  mots
(Crédits : REUTERS/Ruben Sprich)
Flots de migrants, vagues d'attentats, plongeon sans fin du pétrole et des marchés, Chine encalminée et climat déréglé vont accabler cette semaine le forum de Davos, où les puissants du monde entier tenteront d'y voir plus clair.

Comme chaque année, dans l'entre-soi du village suisse transformé en forteresse, 2.500 participants, chefs de gouvernement, chefs d'entreprise, ONG, artistes vont se rencontrer, discuter, négocier, faire des affaires ou avancer sur des dossiers diplomatiques en souffrance et dresser le "constat de l'état du monde" comme le résume le professeur Klaus Schwab, fondateur du World Economic Forum (WEF).

Les agressions sexuelles de Cologne, les milliers de migrants qui entrent chaque jour en Europe, les frontières qui s'érigent de nouveau sur le vieux continent, les attentats à Paris, Istanbul, Jakarta, Ouagadougou, le combat contre l'organisation Etat islamique... La géopolitique "va être un thème primordial et discuté sous tous ses aspects", a prévenu Klaus Schwab.

Plusieurs dirigeants d'une Europe à cran face à l'afflux de migrants seront là, dont le Premier ministre français Manuel Valls, le président allemand Joachim Gauck, le Premier ministre suédois Stefan Löfven ou le chef du gouvernement de gauche radicale grec Alexis Tsipras, qui fait une entrée dans cette arène du libéralisme économique international.

"Le risque jugé comme ayant la plus haute probabilité de se réaliser est celui de migrations forcées de grande ampleur", selon un rapport du WEF diffusé la semaine dernière.

Plusieurs poids-lourds monteront à la tribune, comme le vice-président américain Joe Biden, le secrétaire d'Etat John Kerry, le secrétaire à la Défense Ashton Carter, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Certains dirigeants des zones les plus chaudes de la planète pourront parler de leurs combats contre les multiples visages du jihadisme, comme le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le président afghan Mohamed Ashraf Ghani ou le président nigérian Muhammadu Buhari.

Comme à chaque fois à Davos, quelques-uns en profiteront sans doute pour se rencontrer discrètement, Davos étant un lieu propice aux bilatérales surprises. Le ministre iranien des Affaires étrangères parlera-t-il à son homologue saoudien alors que les deux pays sont à couteaux tirés ?

Ce sera aussi la première grande sortie internationale du nouveau président argentin Mauricio Macri, qui va tenter de replacer l'Argentine au centre du jeu, notamment en exposant ses réformes économiques.

"4e révolution industrielle"

L'économie sera bien évidemment l'autre coeur des débats des banquiers centraux, grands patrons, dirigeants de start-up et autres caciques d'institutions économiques internationales.

Le thème de ce crû est la "4e révolution industrielle", celle provoquée par la combinaison de diverses évolutions récentes, progrès de la robotisation, internet des objets, big data... Les patrons de grands groupes comme Microsoft, Facebook, Renault, les patrons de banques géantes comme Goldman Sachs ou Bank of America seront là pour évoquer tous ces aspects.

Mais il sera sans doute surtout question de l'effondrement des prix du pétrole, du ralentissement chinois, de la croissance mondiale hésitante, et des marchés financiers ultra-volatils qui éreintent notamment les pays émergents.

Le président sud-africain Jacob Zuma sera le seul président d'un des grands émergents qui fera le déplacement, Brésil et Russie ayant envoyé des délégations allégées.

Plusieurs sessions de débat seront aussi consacrées à la lutte contre le changement climatique, quelques semaines après la fin de la COP21 de Paris. "L'échec de l'adaptation au changement climatique et de l'atténuation de ses effets" étant en effet le risque qui aura la plus forte incidence pour les années à venir.

Du côté des stars, outre les habitués Bono et William Adames, Leonardo DiCaprio, en course pour l'Oscar du meilleur acteur et militant de longue date pour l'environnement, foulera la neige des montagnes suisses.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/01/2016 à 13:17 :
Nous convaincre que les actuelles causes ne sont pas les conséquences de leurs actes précédents! Et, que les actuelles conséquences ne sont pas la cause de leurs actes futurs!
Bref noyer le poisson pour ne pas être inquiété au niveau du bizness!
a écrit le 18/01/2016 à 12:00 :
Davos où le symbole d'un capitalisme de connivence qui ne sert qu'à quelques uns se prenant pour le centre du monde. Un Spectacle de plus produit par la World Company.

Lamentable exhibition de ces gens qui pourrissent notre planète tous les jours un peu plus dépensant des fortunes afin que leurs experts évitent soigneusement de les citer comme les réels dangers.

A pleurer.
a écrit le 18/01/2016 à 8:20 :
Que ferait le monde sans énergie?
a écrit le 18/01/2016 à 8:20 :
Que ferait le monde sans énergie?
a écrit le 17/01/2016 à 14:52 :
"Le risque jugé comme ayant la plus haute probabilité de se réaliser est celui de migrations forcées de grande ampleur", selon un rapport du WEF diffusé la semaine dernière.
Ah bon? C'est quoi des migrations forcées? Qui a été instrumental dans le déplacement de ces populations? Qui les a invitées à venir sans réserve sur le sol européen et pourquoi?
La réécriture de l'histoire laissant croire qu'il s'agit de "phénomènes exogènes" quand ils sont le fruit d'un calcul mûrement réfléchi est laisser indemnes ceux qui en sont à l'origine. Voila des années que nos élites militent en ce sens contre la volonté des peuples. Il serait bon qu'un jour vous tentiez de nous expliquer pourquoi.
Tout le monde sait bien que le prétexte nataliste prêté à l'Allemagne est faux. On ne fait pas entrer ainsi 10 millions de personnes (en comptant les prochains et les regroupements familiaux) sans formation pour payer les retraites.
Dites nous plutôt qu'il s'agit d'affaiblir les nations européennes offrant un modèle collectif incompatible avec la volonté hégémonique de l'Allemagne et le diktat de Bruxelles pour une unification des règles sociales mais sans transferts au sein d'une zone monétaire imparfaite. Là on comprendrait.
Dites nous qu'il s'agit de fournir un relai au peuple allemand qui refuse de dépenser et de relancer la consommation intérieure au grand dam des économistes à modèles et autres représentants de monopoles de services "publics" appartenant au glacis de connivence des états. Là encore, on comprendrait.
Mais de nous resservir ces faux-semblants est une honte et une lecture indigeste.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :