Trump découvre que les institutions gouvernent

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Donald Trump lors de son discours au Congrès entre le vice-président Mike Pence (à gauche) et Paul Ryan, président de la Chambre des représentants.
Donald Trump lors de son discours au Congrès entre le vice-président Mike Pence (à gauche) et Paul Ryan, président de la Chambre des représentants. (Crédits : Reuters)
Face aux élus du Congrès, le président américain a adopté un profil bas, loin du ton polémique qu'il affectionne habituellement. Une normalisation qui découle du rôle prééminent des institutions, et qu'il serait bon de se rappeler en Europe et en France où elles sont attaquées pour des raisons politiques.

Pour son premier grand discours mardi devant les élus du Congrès, Donald Trump a adopté une attitude qui contrastait singulièrement avec les facéties, les déclarations à l'emporte-pièce et ses tweets péremptoires auxquels il nous avait habitués durant sa campagne présidentielle et des premières semaines de son mandat.

Durant plus d'une heure, il a exposé le contenu de son programme, qu'il a évité de nommer « America First », qu'il entendait mener. Parmi les mesures annoncées, 1.000 milliards de dollars consacrés aux investissements, une renégociation des accords commerciaux, une réforme fiscale davantage favorable aux classes moyennes et aux entreprises, une réforme du système de santé après qu'il ait signé le décret du démantèlement partiel de l'Obamacare qui avait institué notamment une couverture santé universelle.

Il faut convaincre aussi des élus démocrates

Pour autant, au fond, rien de bien nouveau à part quelques précisions. En revanche, la forme a changé, notamment le ton, sérieux et posé cherche à convaincre. Ce n'est pas une conférence de presse propice à polémiquer avec des journalistes mais le Congrès et ses élus qu'il faut convaincre car sans leur assentiment les projets présidentiels resteront lettre morte. D'autant que pour faire passer les projets sur les baisses d'impôts ou la réforme de l'Obamacare, il faut convaincre non seulement les républicains de son propre camp mais aussi des démocrates.

Le critère du mérite

Pour cela, le président américain a dû commencé à inclure dans sa liste de mesures certains projets « bipartisans », comme celui favorisant l'assainissement de l'air et de l'eau, alors même que Donald Trump veut démanteler la législation anti-pollution. De même lui qui s'est montré très agressif en matière d'immigration se dit prêt à accepter de présenter une loi sur le sujet, qui prenne en compte par exemple le critère de mérite.

Donald Trump qui s'est fait élire en critiquant sans nuance l'ensemble du monde politique professionnel et sa bureaucratie a maintenant impérativement besoin de son soutien pour mener sa politique. Lui qui, en tant qu'entrepreneur milliardaire ayant réussi dans les affaires, vantait de résoudre tous les problèmes va devoir se mettre à l'école de la démocratie et de ses institutions.

Les institutions attaquées pour des raisons politiques

Car les institutions commandent, bien plus sûrement que les médias et les intrigues politiques. Comme l'a montré le politologue américain Douglass North, les institutions sont « des contraintes humainement conçues qui structurent les interactions politiques, économiques et sociales », et qui nous permettent en premier lieu d'assurer la croissance économique et le développement. Que cela pousse Donald Trump à se normaliser est une bonne chose. Et il serait bon de s'en souvenir en Europe et notamment en France, lorsqu'on voit régulièrement attaquées l'institution judiciaire ou les institutions européennes à des fins purement politiques.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2017 à 14:10 :
le "journaliste" devrait d'abord balayer devant sa porte...plutôt malpropre d'ailleurs!
L'Amérique est une Nation et tout citoyen américain doit respecter ses institutions.
Les français ont le droit, comme les britanniques, de rejeter les institutions européennes.
D'ailleurs, le traité établissant une constitution pour l'Europe a été rejeté par les référendums des 29 mai 2005 en France, 1er juin 2005 aux Pays-Bas, 13 juin ...
Les journalistes avaient soutenu les politiciens qui ont "rejeté" le non des français.
Les médias qui se sont aussi invités lourdement dans la campagne électorale...
a écrit le 02/03/2017 à 10:02 :
"notamment en France, lorsqu'on voit régulièrement attaquées l'institution judiciaire ou les institutions européennes à des fins purement politiques." De telles attitudes disqualifient de fait Fillon et LePen. Fillon et LePen ont "tapé" dans la caisse sciemment et sous prétexte qu'ils représentent des forces politiques, ils bénéficieraient d'un statut spécial de justiciable.
C'est insupportable et je ne comprends pas que les citoyens qui les soutiennent le font contre vents et marées. Cautionner de tels comportements, c'est renier la Démocratie.
a écrit le 02/03/2017 à 8:46 :
Les institutions ainsi que la constitution americaine sont des valeurs sures.
Ce qui n'est pas a mettre en // avec la France aux"desirs" de ses politiciens.
Ce qu'il se passe actuellement en France serait impossible aux USA.
a écrit le 01/03/2017 à 20:21 :
Ca y'est Trump s'est normalisé, tout peut redevenir comme avant, dormez brave gens ! Et pendant ce temps Bannon travaille... Mmm, y'a des réveils qui vont etre douloureux.
a écrit le 01/03/2017 à 18:55 :
Voilà que les excités dorment tranquille, la folie délirante anti Trump va enfin pouvoir se calmer, en effet ce n'est pas un dictateur oufff à lire les commentaires on pouvait se demander s'il ne c'était autoproclamé président ! Il y a donc un président, un gouvernement et un concret, bref rien de très spécial dans une démocratie !
a écrit le 01/03/2017 à 17:53 :
C'est pour cela qu'il est indispensable de contrôler régulièrement si ces institutions sont bel et bien en accord avec les aspirations des citoyens ce qui est loin d'être le cas ça sent la poussière souvent tout ça.

Offrir des marchés ou de l'argent public à sa famille ou son réseau, de quelque manière que ce soit et un état le permet de multiples façons, devrait être interdit et sans aucune dérogation possible, un principe fondamentale à graver dans la constitution, or l'institution étatique l'a bel et bien permis et le permet encore.

Le cas fillon ne s'arrête pas à lui c'est l'arbre qui cache la forêt. Déboisons.

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