Les pays arabes face à la crise économique

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(Crédits : Reuters)
Le printemps arabe a été l'occasion de l'émergence de revendications démocratiques, et religieuses. Aujourd'hui, la question économique s'impose. Et ces pays se différencient malheureusement des pays émergents Par Sylvain Fontan, économiste

Les pays arabes, et notamment ceux du pourtour méditerranéen, traversent actuellement une période compliquée sur le plan économique. Les difficultés rencontrées par ces pays sont en partie liées aux modèles économiques mis en place à l'issue des révolutions arabes, mais aussi à des caractéristiques spécifiques telles que la démographie, l'éducation et la mauvaise gouvernance. A court terme, et de façon pragmatique, il apparaît que la stabilité économique de la région sera difficile à maintenir sans une importante aide financière en provenance des pays occidentaux. A plus long terme, l'enjeu stratégique pour permettre le développement de ces pays est la combinaison des questions démographiques et éducatives, couplées aux aspects de bonne gouvernance.

pays arabes

 Spécificités des pays arabes : démographie, éducation et gouvernance

La stabilité monétaire et financière est indispensable pour permettre aux agents économiques (ménages, entreprises, etc) d'avoir confiance dans les perspectives économiques à moyen et long terme. Ils peuvent ainsi faire des projets d'investissement, d'épargne et de consommation. Or, jusqu'à la fin des années 1980, la plupart des pays émergents et des pays arabes ne bénéficiaient pas d'un environnement permettant une visibilité dans le temps. En effet, ces pays faisaient face à des périodes continues de forte inflation. Depuis les années 1990, et la mise en place de politiques de stabilisation monétaire et financière, les pays émergents et les pays arabes ont réussi à contenir la hausse du niveau des prix (généralement entre +5% et +10% par an). En ce sens, les pays arabes se rapprochent des pays émergents. Toutefois, plusieurs aspects font qu'ils ne sont pas considérés comme des pays émergents : démographie, éducation et gouvernance.

Des comportements proche de ceux d'une économie de survie

Alors que des pays tels que le Brésil ou la Turquie ont achevé leurs transition démographique, les pays du Maghreb ou du Moyen-Orient ne sont pas encore "matures" de ce point de vue. La transition démographique des pays émergents se traduit par une pyramide des âges où il y a moins de jeunes et de personnes âgées. Par conséquent, ces pays disposent d'une force de travail importante. De plus, les personnes en âge de travailler n'ont pas une famille nombreuse, ils peuvent ainsi concentrer leurs efforts financiers en matière d'éducation des enfants, ils épargnent moins et consomment plus.

Dans les pays arabes, la situation démographique n'est pas aussi développée. Les populations jeunes (moins de 20 ans) sont encore très importantes et représentent parfois plus de 50% de la population totale comme en Algérie. Dès lors, ces populations ont des comportements économiques proches de ceux d'une économie de survie, et donc peu propices au développement économique global du pays.

Une amélioration du niveau d'éducation...

L'amélioration du niveau d'éducation globale des populations est un élément important qui a contribué au dynamise économique des pays émergents. Dans les pays arabes, l'amélioration de l'éducation est bien réelle mais elle demeure encore moindre. De plus, les efforts d'éducation portent essentiellement sur les populations déjà aisées considérées comme des élites, excluant de fait toute une large partie de la population, c'est notamment le cas en Egypte et en Algérie.

... mais une gouvernance toujours plus problématique

Tous ces aspects ne pourront être résolus qu'une fois les questions de gouvernance résolues. En effet, les pays arabes forment une région relativement homogène, et parmi les plus mal lotis au monde, en matière de gouvernance. Autrement dit, ces pays font face à des difficultés anciennes en termes de structures de décisions et de fonctionnement pour gérer et allouer les ressources. Le paradoxe est que ce problème de mauvaise gouvernance semble s'accroître avec l'enrichissement des pays.

En pratique, cela signifie que les structures gouvernementales ne se sont pas développées alors même que la société a évolué. Or, on constate que plus un pays se développe du point de vue de sa richesse nationale, plus les besoins et les exigences de gouvernance émanant des populations augmentent (cf. cas du Brésil). En d'autres termes, ce qui était supportable dans le passé par les populations ne l'est plus et des revendications émergent, de façon plus ou moins organisée et avec plus ou moins de virulence. Dans ce cadre, il apparaît que les révolutions arabes sont symptomatiques de ce décalage entre gouvernance espérée et effective de la part des populations.

Printemps arabe: les aspects économiques d'abord relégués au second plan

Les pays arabes dans lesquels les événements du Printemps Arabe sont intervenus sont maintenant confrontés à une nécessaire phase de transition politique. Les nouvelles autorités ont généralement acquis leur pouvoir au travers de dialectiques religieuses, ou en tout cas proches de corpus idéologiques purement politiques. Les aspects économiques ont été relégués au second plan, probablement car il est plus simple d'évoquer des sujets liés aux valeurs et de prôner un monde "idéal", plutôt que de s'attaquer à des problématiques complexes, forcément contraintes par la réalité.

Dès lors, les pays se trouvent davantage plongés dans une réflexion politico-sociétale, plutôt que dans une réflexion stratégique en matière d'économie. Or, la réalité économique commence à se rappeler à ces pays, c'est notamment le cas de l'Égypte. Notons cependant que certains pays telle que la Lybie, bénéficient de ressources (pétrole, gaz) suffisantes pour gérer la transition politique, ou que d'autres achètent la paix sociale par le biais de l'exploitation de telles ressources.

L'Union européenne va-t-elle se préoccuper de la situation?

L'exemple de la transition politique et économique en Europe de l'Est après la chute de l'URSS dans les années 1990 et 2000 est intéressant en terme de grille de lecture pour appréhender la situation actuelle des pays arabes. En effet, après une longue période d'un système économique et politique défaillants, l'Europe de l'Est a dû organiser sa transition. Elle a été aidée dans ce sens par l'Europe occidentale qui a financé des institutions et le développement de ces pays.

Dans le cas des pays arabes, il paraît peu envisageable qu'un pays arabe puisse, ou même souhaite, occuper ce rôle financier pour aider à la stabilisation d'un pays de la région. Dès lors, les seuls acteurs ayant les ressources financières et politiques pour stabiliser la région, et permettre un processus de transition relativement organisé sont les pays occidentaux. Etant donné la proximité géographique avec l'Europe, et le potentiel de déstabilisation régionale et mondiale d'un processus de transition mal géré qui s'éterniserait, il semble que cette question doive se faire de plus en plus prégnante auprès d'institutions telles que l'Union Européenne.

 

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a écrit le 13/05/2014 à 15:48 :
Si on reprend ce début de paragraphe où l'auteur répond à la question qu'elle s'est posée par rapport aux préoccupations de l'Europe:
"L'exemple de la transition politique et économique en Europe de l'Est après la chute de l'URSS dans les années 1990 et 2000 est intéressant en terme de grille de lecture pour appréhender la situation actuelle des pays arabes. En effet, après une longue période d'un système économique et politique défaillants, l'Europe de l'Est a dû organiser sa transition. Elle a été aidée dans ce sens par l'Europe occidentale qui a financé des institutions et le développement de ces pays."
L’auteur ne réalise pas que les deux situations sont tellement différentes dans les deux cas au point qu’aujourd’hui on ne peut pas assumer, chose qu’il a fait, que l’Europe occidentale pourrait parvenir à résoudre la situation de crise politique, sociale et économique dans la zone Arabe ou aider à débloquer cette situation et la raison est simple, l’Europe occidentale elle-même souffre d’un problème d’intégration monétaire, économique et politique qui sera couronnée par l’échec de l’union monétaire dans la zone ou la disparition des régimes les plus faibles et l’émergence d’une force européenne émanant d’un seul acteur éco-politique ( l’Allemagne peut être…).
Dire qu’aucun pays arabe ne peut regagner sa stabilité revient à dire que les pays arabes sont incapables de faire leurs transitions tous seuls, faut les aider et par qui ? par des économies en difficultés qui cherchent des nouveaux marchés et nouvelles ressources … une raison bien pertinente pour déclarer la guerre et non pas la paix.
Et en parlant de la mauvaise gouvernance, alors pourquoi on ne porte pas une vision critique de la position de l’Europe sur cette question, l’auteur reprend le double discours des pays européens : vive la démocratie mais en attendant soyons complices des mauvais gouverneurs tant que ces derniers ne sont pas renversés par la force des chose et non pas par la précarité économique.
C'est dommage que l'Europe est restée figée dans sa mentalité coloniale ... Il est temps de se réveiller et réévaluer l'Afrique et le moyen orient autrement ... Comme il était temps de reconsidérer l'Asie avec ses nouveaux paramètres ...
a écrit le 13/05/2014 à 12:13 :
Question:
L'Union européenne va-t-elle se préoccuper de la situation?
Réponse:
Non elle doit s'occuper de la sienne d'abord. Et puis l'échec de l'union monétaire dans la zone Euro fera la une d'ici quelques années.
a écrit le 13/05/2014 à 5:15 :
"Dès lors, les seuls acteurs ayant les ressources financières et politiques pour stabiliser la région, et permettre un processus de transition relativement organisé sont les pays occidentaux." Ou comment justifier le néo colonialisme. Il faut rappeler que les pays arabes d'Afrique comme l'Afrique dans son ensemble ont une croissance économique supérieure à celle de l'Europe. Et que les inégalités dénoncées dans cet article ne sont pas plus grandes qu'ailleure et surtout pas davantage que celles qui existent aux USA telles que soulignés par le célèbre économiste français.outre atlantique Thomas Piketty. Il faudrait aussi que l'Europe arrete de sucer la matière grise de ces pays, comme il a été souligner à juste titreplus bas. C'est à l'Europe de résoudre les conséquences de ses propres problèmes démographiques et pas à Angella merkel de dire aux africains qu'ils devrait apprendre l'allemand pour travailler en Allemagne.
a écrit le 13/05/2014 à 1:06 :
c'est bizarre le pere adam de Fontan a oublié de citer un autre pays ARABE :Israel !
car ISRAEL EST ARABE ! et non KHAZAR ! les ancêtres des hébreux venaient d'Arabie du Sud pas vrai FONTAN le Sayan ?
a écrit le 13/05/2014 à 0:34 :
Vous êtes 1 bon écrivain mais votre théorie ne vaut point son pesant d'or.
a écrit le 12/05/2014 à 23:06 :
Les pays arabes ont une capacité d'investissement suffisante par rapport à leur propres marchés et un très fort potentiel économique et humain (beaucoup de diplômés de l'enseignement supérieur et technique). Le problème a toujours résidé sur une fuite massive des capitaux vers l'étranger et notamment l'Europe. Les systèmes politiques en place hérités d'un certains soviétisme lourd ou primait l'économie planifiée et la corruption généralisée sont à bout de souffle, et une conscience citoyenne émerge demandant un mieux vivre. Dans quelques années, ces pays se stabiliseront et auront sans nul doute de très fortes croissances.
a écrit le 12/05/2014 à 22:47 :
Regrettable qu'un drapeau palestinien flotte sur israel 1ère puissance régionale,
Cela prouve le non sérieux de cette analyse
a écrit le 12/05/2014 à 21:58 :
Un article très étonnant. Factuellement faux sur certains d'aspects : il suffit de regarder les chiffres pour s'apercevoir par exemple que la Tunisie a un taux de fécondité inférieur à celui de la France. Mais c'est surtout la perspective générale qui est curieuse. On croirait vraiment que le modèle européen est au sommet de sa puissance et de sa force d'attraction alors qu'une partie au moins des difficultés des pays d'Afrique du Nord vient de leur proximité avec la plus grande zone d'atonie économique du monde : l'Europe et ses politiques d'expérimentations monétaires délirantes.

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