Nos dépenses sociales sont-elles un handicap pour la compétitivité ?

Olivier Passet, Xerfi

Olivier Passet, Xerfi
Le poids de son système de protection social est-il le problème numéro 1 de la France ? Et peut-on remettre la France sur les rails de la compétitivité sans en modifier profondément les paramètres ? Commençons d'abord par le constat : La France est championne du monde des dépenses publiques de protection sociale en % de son PIB. La presse fait mine de le redécouvrir chaque année. Mais à vrai dire, le fait n'est pas nouveau. Elle appartient au trio de tête depuis plus d'un quart de siècle.
Partant de là, peu d'économistes en infèrent pourtant, sans autres précautions, que cette charge sociale est nécessairement au cœur de notre handicap de compétitivité.
Bref, le poids des dépenses sociales en dit surtout long sur nos choix institutionnels... mais ne permet pas d'en tirer des conclusions hâtives sur la compétitivité.
Néanmoins, pour une économie de taille et de spécialisation intermédiaire, le prix de vente est largement imposé par le marché. Et le système de protection sera problématique si le salaire net ne joue pas son rôle d'amortisseur. En cela, les indicateurs de coût total du travail nous livrent une information décisive sur le risque de fragilisation de la compétitivité lié à notre système de protection.
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Or, si en France le salaire absorbe en partie les écarts de degré de protection observés, le coût total du travail n'en demeure pas moins un des plus élevés des pays développés. Notre niveau élevé de productivité corrige le tir. Mais sur la base d'une forte sélection des activités et d'une rationalisation qui tend à rétrécir notre surface productive. Là est le nœud du problème. Lorsque les parts de marché régressent, que la base productive est étroite, l'argument selon lequel un transfert n'est pas un coût, ne suffit plus à évacuer le sujet de la protection sociale.
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Olivier Passet, Xerfi
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