Les indices précurseurs de la reprise en Europe sont bien là

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Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi./ DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, les indices précurseurs de la reprise en Europe sont bien là !

Baisse de l'euro, chute du pétrole, taux d'intérêt au plancher, Commission européenne moins rigoriste... avec ce cocktail, s'il n'y a pas de reprise en Europe, c'est vraiment à désespérer.

Mais justement, voit-on les signes annonciateurs du retour de la croissance en zone euro?

Premier indice, le prix de l'immobilier

L'Europe semble avoir définitivement tourné le dos à la crise immobilière, comme le montre l'évolution des prix des logements. Fin 2014, leur variation sur un an est repassée en territoire positif, ce qui n'était plus arrivé depuis deux ans et demi.

Alors bien sûr, le niveau des prix reste nettement inférieur aux deux pics précédents, et il est trop tôt pour parler d'un retour massif des effets richesse pour les ménages, mais le mouvement est bon.

Surtout, il se double du réveil (+2,2%), de la filière construction qui a mis un  terme, en 2014, à six années de baisse. Quant on connait le rôle d'entrainement de cette filière sur le reste des économies et son impact sur l'emploi, c'est assurément un bon signal envoyé sur la croissance à venir.

Second indice, le crédit aux entreprises

Non pas que les chiffres montrent encore une quelconque ruée vers le crédit, mais la tendance est bonne et la phase de désendettement massif est bel et bien terminée.

Au moment où la BCE passe à l'offensive, et se met au "quantitative easing" bref, au moment où  les outils de financement à la disposition des entreprises seront moins onéreux -et pour longtemps-, c'est un second signe très encouragent.

Troisième indice, le moral des chefs d'entreprise

Les enquêtes de conjoncture auprès des chefs d'entreprise sont importantes parce qu'elles donnent à la fois le ressenti immédiat des professionnels sur l'évolution de leur activité mais aussi leurs anticipations sur les mois à venir. A 52.6, l'indice composite de l'Activité Globale dans l'Eurozone se place :

    1. au-dessus de 50, valeur qui marque la frontière entre contraction et augmentation de l'activité
    2. consolide la tendance qui se dessine depuis plusieurs mois maintenant.
    3. se hisse à son plus haut niveau depuis six mois. Le détail de l'indice est également riche d'enseignements.

D'abord, l'activité progresse tant dans l'industrie manufacturière que dans les services. La base sectorielle de l'amélioration est donc large. Mais sa base géographique aussi. Parmi les économies majeures européennes, les indices allemand, italien, espagnol dépassent tous le seuil des 50 et se situent à un plus haut niveau depuis 2 à 5 mois.

Manque à l'appel la France, qui, avec un indice à 49,3, ferme la marche. Une déception à relativiser, car les indicateurs de l'Insee comme ceux de la Banque de France ne sont pas à l'unisson et indiquent plutôt un rebond à venir.

Dernier indice, les marchés

L'Euro Stoxx 50, qui est un indice boursier au niveau de la zone euro au même titre que le CAC 40 pour la France, a bondi en début d'année. Alors, certes, il marque une pause depuis peu, suspendu au poker menteur qui se joue entre la Grèce et l'Eurogroupe, mais 2015 a bien démarré sur les chapeaux de roue.

A force de déceptions, il est devenu difficile de penser la reprise européenne. Or, à y regarder de plus près -et en toute objectivité-, toute une série d'indicateurs convergent et vont dans le sens d'une reprise générale de l'activité.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 05/03/2015 à 9:07 :
Je crois que l'une des plus grandes Lois de l'économie vous a échappé , Monsieur.
La Demande.
Hé oui... Il ne suffit pas de vouloir. Encore faut-il être synchrone...
Bonne Chance...quand même
Viel Glück !
Good Luck !
a écrit le 04/03/2015 à 6:38 :
J'en frémis d'avance...Je viens d'apprendre mon licenciement.
Réponse de le 04/03/2015 à 10:01 :
Il fallait comprendre en fait : "inversion de la courbe de la croissance"... :)
a écrit le 04/03/2015 à 0:15 :
Il y a effectivement un certain nombre d'indices qui peuvent faire espérer une reprise en Europe. A leur liste, on peut ajouter la baisse de l'euro qui donne un avantage sur les marchés internationaux aux entreprises de l'Euroland. Cependant, la rupture avec la Russie n'est pas positive pour l'économie de l'Union et il y a de fortes probabilités qu'une grande part du QE de la BCE n'arrive pas dans l'économie réelle. Des liquidités, ça ruisselle toujours dans le sens du profit le plus facile. La montée des bourses montre déjà cette tendance et on peut aussi penser qu'il restera plus attractif d'invertir ses disponibilités dans des économies à forte croissance qu'en Europe. Produire en Asie, vendre en Europe, payer ses impôts en Paradis Fiscaux.

Quant à la France ? Salaires gelés pour le public, chômage en hausse pour le privé : peut-on croire en une stimulation par la consommation ? Réduction des dotations aux collectivités locales : qui va soutenir les entreprises locales du BTP ? Embargo russe sur nos exportations agroalimentaires et refus français de livrer les Mistral : un marché important se ferme pour nos entreprises. Tout cela laisse peu d'espoir d'une reprise française forte.
a écrit le 03/03/2015 à 21:18 :
C'est marrant, les élections arrivent et la reprise est là comme par enchantement!!!! Notre pays est vraiment formidable avec une presse vraiment indépendante du pouvoir...
a écrit le 03/03/2015 à 20:52 :
En France c’est avec de grosses commissions qu’on fait de grandes relances. La France est-elle un modèle ou un anti modèle ? Prenez le PIB Europe et Etats-Unis, on passe de 70% consommation/15% administration à 60/20 en général et 55/25 en France… bienvenus au royaume de l’Etat boule de gras ! Gare à l’inertie et vive la brimade de la consommation. Si vous prenez la croissance depuis 1980 jusqu’en 2013, l’Europe fait en gros 60, les américains 90 et la France 58… autant que l’Allemagne avec la réunification. Pour la croissance, à quand le comité de commémoration ? Les palais c’est confortable, en Europe, on invente des billeversées et on vampirise les salaires : on annonce des gels et pourtant il existe des fortunes qui auraient des croûtes dans des coffres, c’est quel fromage On entend dire qu’on siffle, c’est de la vapeur par les oreilles, ou bien des balles électorales alors qu’il y aurait une campagne ? Le français c’est compliqué c’est comme porter le chapeau de Bonaparte qui n’est pas un modèle puisqu’il serait interdit à l’enseignement, comme le petit Charles, y a le bon sens et les zinzins ! Petits-fours, embrassades du genre (une porte est-elle une fenêtre) l’Etat gras et lent a relancé ! Attention au démarrage !
a écrit le 03/03/2015 à 20:16 :
Gros marre à canard déchaîné! La reprise, on attendait la croissance, ça y est elle est enfin là ? Jusqu’à présent, depuis 2008, on attend avec une horloge un fonctionnaire sérieux et une industrie avec des boulets. Pour la croissance on fait vroom ? Est-ce parce qu’il existe du chômage qu’on fait 100 000 fonctionnaires avec la relance par l’impôt et l’augmentation du déficit selon Mr Pleinpot des impôts, fonctionnaire sérieux ou bien dysfonctionnaire dislexique ou bien il faut baisser les impôts pour faire de la croissance, des emplois et des recettes ? Et pour la croissance on troque une voiture à réaction d’avant les années 80 pour une deuche à 0,5%, à fonds les ballons et pour la fête du travail on vous ramène un bouquet de pâcquerettes glanées au passage ! Pouvez-vous commenter la remarque de l’IREF sur la structure du PIB en excès pondéral d’administration en France à 25% contre 20 en Europe et 15 aux USA pour 55% de consommation des ménages contre 60 à 70 aux USA avec une croissance supérieure à l’Europe de 30 points en totalité de 60 contre 90 et la France sous la moyenne G7, un modèle mondial ? Quel vrombissement pour la croissance ? Mr Pleinpot aura-t-il une promotion ancienneté ou bien des échelons qui sautent ? La France c’est compliqué on augmente les tarifs du gaz, on dit que la consommation augmente, et sans sommation ça veut dire quoi ? Pour Pâcques, aura-t-on des drones grand caporal, bien un moteur économique ou un bouquet de pâcquerettes ? A quand un R2D2 fraisier. C’est comme fraise, déguste-t-on une fraise royale ou bien porte-t-on la fraise ?
a écrit le 03/03/2015 à 16:54 :
La reprise ne servira en rien à résoudre le problème Français tant que l'optimisation fiscal ne sera pas arrêtée. C'est la première de toutes les réformes si on veut faire les choses dans l'ordre. Sinon toute la richesse que l'on va produire ne fera que fuir notre pays.
a écrit le 03/03/2015 à 15:10 :
Ça va bien Allemagne. En France, tout est faux. On protège les fonctionnaires en détruisant le secteur productif et Hollande se balade avec des actrices. La déchéance est criante, palpable. Les jeunes fuient. Aucune confiance est ce pays faux.
Réponse de le 03/03/2015 à 18:16 :
Vos arguments sentent bon le café de commerce et les clichés umpistes
a écrit le 03/03/2015 à 14:37 :
LA REPRISE EST LA ILS NOUS LE DISENT TOUS LES JOURS DEPUIS JANVIER PEUT ETRE PEUR AUSSI DES ELECTIONS A VENIR EN FRANCE ET DANS D AUTRES PAYS EUROPÉENS .
a écrit le 03/03/2015 à 14:30 :
ca va indeniablement mieux dans de nombreux pays ou les efforts commencent a porter leurs fruits
par contre, concernant la france.....
a écrit le 03/03/2015 à 14:30 :
super, que des bonnes nouvelles pour la réélection de françois en 2017:
baisse du pétrole
baisse de l'euro
sursit supplémentaire accordé par l'europe à la france
activité européenne qui devrait entrainer notre pays.
Encore quelques défilés comme pour charlie et l'aide du fn pour les élections locales comme dernièrement et se sera tout rose !
a écrit le 03/03/2015 à 13:48 :
Monsieur Alexandre Mirlicourtois a peut-être raison, du moins, je l'espère, mais les arguments en faveur de la reprise sont un peu faiblards.
Une donnée essentielle est l'attitude des banques vis à vis du QE, surtout vis à vis des pme, car les banques sont un peu "coincées" par les audits Bâle 3 qui seront régulièrement effectués.
Cordialement

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