Baisse des déficits publics : que faire de la "cagnotte" budgétaire ?

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, que faire de la "cagnotte" budgétaire ?

Côté budgétaire, les choses se passent mieux que prévu en France. Lors de la précédente loi de Finances, le gouvernement prévoyait un déficit de 2,9% pour 2017. Il devrait finalement se rapprocher de 2,7%. C'est un grand classique en période de reprise. La croissance dépasse les hypothèses retenues en loi de finances. Elle booste les rentrées fiscales.

En l'occurrence, la croissance 2017 est à 2%, soit 0,3 point au-dessus des hypothèses retenues lors de la précédente loi de finances. Les macro-économistes ont l'habitude de faire le petit calcul de coin de table suivant : 1 point de croissance en plus, c'est une diminution mécanique d'un demi-point du PIB du déficit. Avec 0,3 point de croissance supplémentaire l'an dernier, on s'attend donc à une amélioration de 0,15 point de PIB du déficit public. Et c'est peu ou prou ce que l'on observe aujourd'hui. Cela s'appelle une amélioration conjoncturelle.

7 milliards de pertes en moins

La presse, qui aime les formules, sort sa calculette. Le déficit de l'État prévu en juillet dernier était de 74,1 milliards. Il sera finalement inférieur de 6,3 milliards à ce qui était prévu. Côté sécurité sociale, même bonne surprise. Le déficit initialement prévu à 5,5 milliards sera finalement de 4,4 milliards. C'est cela que l'on appelle la cagnotte, une cagnotte de plus de 7 milliards si l'on se prête au jeu. Ou plutôt, des pertes moins abyssales que prévu.

Malheureusement, l'aléa de conjoncture est loin de jouer toujours dans le même sens. Sans compter d'autres formes d'impondérables liés aux catastrophes, à la sécurité, ou aux aléas juridiques comme l'invalidation de la taxe de 3% sur les dividendes l'an dernier. Rien de choquant à considérer cela comme une provision, donc. Sans obligation d'affectation ni de redistribution. Et sans que cela dénote une préférence pour la rigueur.

Un objectif de déficit à 1%

Cessons donc de faire mine de découvrir que les choses vont mieux au plan budgétaire. Cela, on le sait depuis longtemps. Il suffit de regarder le solde budgétaire structurel, celui qui estime le déficit en conjoncture moyenne. L'OCDE et le Trésor nous disent qu'il est passé sous les 3% dès 2013. La Commission, toujours plus rabat-joie, dès 2014. Et l'estimation de ce solde, débarrassé de l'influence de la conjoncture, varie aujourd'hui entre 1,9% côté OCDE et 2,4% côté Commission, le Trésor l'estimant quant à lui à 2%. À politique inchangée, le solde budgétaire est donc censé s'acheminer spontanément vers 2% ou un peu plus de 2%. Il n'y a rien d'héroïque là-dedans, le job a déjà été fait.

La question véritable est de savoir quel solde structurel vise la France. À partir du moment où elle souscrit aux règles européennes, cela signifie qu'elle se fixe un maximum de 3% de déficit. À partir de là, et sans entrer dans des raisonnements subtils, il n'est pas déraisonnable de faire converger le déficit structurel vers 1%. Autrement dit de se réserver une marge de 2% d'impulsion budgétaire en cas de choc, financier notamment.

C'est au moins la leçon que l'on peut retenir de la crise de 2007. Il ne fait pas bon aborder ce genre de crise récurrente avec un déficit structurel de l'ordre de 4%, et de devoir par la suite aggraver les difficultés de la sphère privée par de la rigueur budgétaire. 1%, c'était le niveau du déficit structurel allemand à la veille de la crise, et qui lui a épargné ce genre de politique contra-cyclique.

Alors, cessons de jouer avec les mots. Et admettons que dans un monde où la sphère privée joue de plus en plus avec les risques, il n'est pas absurde pour l'État, assureur en dernier ressort, de provisionner ces risques.

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a écrit le 28/03/2018 à 14:10 :
Sommes nous définitivement un pays de mariolles définitivement à la traine de l'Allemagne, alors même que nous avons longtemps fait la course en tête, tout en étant bien moins nombreux ? Les Allemands ont depuis déjà un moment un excédent budgétaire, leur dette va repasser sous les 60 %, alors que la notre frise les 100 %. Il n'y a pas si longtemps ils étaient en plus mauvaise posture que nous !!!
On a collectivement démissionné de la cour des grands ?
a écrit le 27/03/2018 à 10:31 :
Quelle bouffonnerie !!! Il n’y a aucune cagnotte quand on a un déficit de 2,6% et une dette de l’ordre de 100% du PIB !! Arrêtez de dire des énormités, alors que le service de la dette est l’un des premiers postes de dépenses budgétaires !!! Il est urgent et évidemment prioritaire de réduire la dette du pays !!!
a écrit le 26/03/2018 à 11:46 :
EXATl / a sagesse DIT qui paye ses dettes s enrichie/ /// VERITE ////
Réponse de le 26/03/2018 à 13:10 :
VERITE, le faux compte du faux gauchiste.

Pitoyable imposture qui trompe d'abord et surtout... son auteur ! :D

Mais il y croit il y croit, dur comme fer même... "répétez mille fois un mensonge et il devient vérité."
Réponse de le 27/03/2018 à 10:34 :
CAMARADE TROL/ CITOYEN BLASE /SI VOUS AVEZ DES ENFANTS QUI PAYE DES IMPOTS DEMENDEZ LEURS CE QU IL PENSENT DE VOS POSITIONS CACHE DERRIERE UN CODE MENTEUR/ QU ILS DEVRONT PAYE TOUTE LEURS VIE DES IMPOTS FAIT PARS VOTRE GENERATION? JE SUIS SUR QUE VOUS AVAIS AUSSI DES IMPOTS A PAYE? MOI JE N EN PAYE PAS CAR JE FAIS PARTIE DES 10MILLION DE PAUVRES LAISSE POUR COMPTE ???///VERITE//// DANS LA VIE JE NE PERD JAMAIS SOIT JE GAGNE SOIT J APREND ?/// NELSON MANDELA///
Réponse de le 27/03/2018 à 11:39 :
BLA BLA BLA...
a écrit le 26/03/2018 à 11:38 :
Elle sera redistribuée sous une forme ou une autre aux actionnaires milliardaires vu que nous avons leurs comptables au pouvoir actuellement. Milliardaires qui s'empresseront d'aller planquer ce pognon dans les paradis fiscaux paupérisant d'autant le pays.
a écrit le 26/03/2018 à 11:25 :
Zut à la fin ! Il n'y a pas de cagnottes !
On a 2 281 milliards de dettes, presque 100 PC du PIB, le déficit de l'Etat est prévu à 88 milliards cette année alors que la croissance ralentie et que la crise commence à poindre sur les marchés financiers (pire semaine du cac 40 depuis le BREXIT et ça n'est qu'un début).

C'est de la faute des médias qui racontent n'importe quoi, ne font pas de pédagogie , si les français sont si nuls en économie, et ce titre de la Tribune en atteste.

Il n'y a pas d'argent à redistribuer, c'est clair ?!
Réponse de le 26/03/2018 à 11:40 :
" Il n'y a pas d'argent à redistribuer, c'est clair ?! "

IL n'y a pas d'alternatives au néolibéralisme, tout pour les riches et rien pour les autres, c'est clair ?
a écrit le 26/03/2018 à 11:10 :
avec la dette de la France, non il n'y a pas de cagnotte !
Réponse de le 26/03/2018 à 11:41 :
Vous l'avez répété au dessus avec un autre pseudo, faites attention hein c'est ballot on vous repère grave du coup... -_-

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