Connecter l'Europe à l'Asie de manière durable

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Federica Mogherini.
Federica Mogherini. (Crédits : Reuters)
Sur la base d'une connectivité durable, complète et fondée sur des règles, l'Union européenne veut renforcer ses liens avec ses partenaires, des Balkans occidentaux à l'Asie centrale; de l'Europe de l'Est et du Caucase à l'Asie du Sud-Est, avec l'objectif que toutes les parties et la planète en profitent. Par Federica Mogherini, haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne.

L'Union européenne (UE) est la région la plus interconnectée du monde. Grâce à notre marché intérieur, des produits fabriqués à Porto sont vendus à Katowice. Les étudiants peuvent facilement postuler à des emplois partout dans l'Union européenne, en ayant l'assurance que les qualifications qu'ils ont acquises seront reconnues et comparables à celles d'autres universités de l'UE. On peut se rendre en train de Bruxelles à Vienne aussi facilement que de Bruxelles à Bruges. Ces réseaux ont créé des opportunités pour les citoyens, les entreprises et les investisseurs de l'UE, et contribué à une plus grande prospérité pour tous les Européens.

Viabilité sur les plans budgétaire, environnemental, social et économique

Cette connectivité « à l'européenne » repose sur trois principes. Elle doit être viable sur les plans budgétaire, environnemental, social et économique. Elle doit être complète, se concentrer sur tous les aspects, des transports au numérique, en passant par l'énergie et la dimension humaine. Enfin, elle doit être établie selon les règles et règlements internationaux, qui sont essentiels pour assurer la circulation efficace et équitable des biens, des services, des capitaux et des personnes.

Toutes les puissances mondiales ne partagent pas la même approche. Certaines ont opté pour des solutions à court terme, des financements immédiatement disponibles et une construction rapide, qui ont souvent abouti à un endettement excessif, des normes environnementales et sociales moins strictes, et des procédures de passation de marchés inéquitables.

Récemment, nous avons exposé comment étendre l'approche suivie par l'Union européenne en matière de connectivité durable, plus particulièrement vers l'Asie. Sur la base d'une connectivité durable, complète et fondée sur des règles, nous nous adressons à nos partenaires, des Balkans occidentaux à l'Asie centrale; de l'Europe de l'Est et du Caucase à l'Asie du Sud-Est, pour renforcer nos liens de manière à ce que toutes les parties et notre planète en profitent.

Nous le ferons des trois manières suivantes.

Premièrement, nous contribuerons à la mise en place de nouvelles liaisons et de nouveaux réseaux entre l'Europe et l'Asie. Nous nous emploierons par exemple à étendre notre réseau transeuropéen de transport, qui rapproche les citoyens et facilite les échanges en éliminant les obstacles techniques, en modernisant les infrastructures et en harmonisant la législation. Nous mettrons sur pied une stratégie numérique durable avec l'Asie pour favoriser le développement socio-économique grâce à un accès universel et abordable aux technologies et aux services numériques. Nous partagerons notre expérience en matière de mise en place de marchés régionaux de l'énergie libéralisés, en mettant l'accent sur la transition induite par le marché vers une énergie propre. Nous continuerons à promouvoir les échanges humains et la mobilité, pour créer des liens, favoriser la compréhension mutuelle et partager des idées.

Deuxièmement, nous devons établir et renforcer des partenariats pour une approche commune de la connectivité. Plusieurs partenariats de ce type existent déjà. Avec la Chine, par exemple, nous disposons d'une plateforme de connectivité bilatérale au sein de laquelle nous discutons des synergies et examinons également nos divergences de points de vue. Nous avons investi massivement dans des structures de coopération régionale en mer Baltique et en mer Noire, nous avons mis en place un plan de connectivité à l'horizon 2025 avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) et collaborons régulièrement avec d'autres structures régionales en Asie. La connectivité ne peut pas être confinée à des poches régionales, exclure des acteurs légitimes ou ignorer les considérations environnementales : nous devons établir des normes et des règles communes. C'est pourquoi l'UE travaille en collaboration avec des organismes de normalisation internationaux et européens, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et d'autres organisations majeures disposant d'un champ d'action mondial. Les entreprises européennes doivent jouir de conditions équitables par rapport à leurs concurrentes et pouvoir accéder aux marchés étrangers de la même façon que ces dernières ont accès à l'UE.

Enfin, l'Union européenne mobilisera tous ses leviers financiers pour assurer un financement suffisant de ses projets en matière de connectivité, en exploitant pleinement le potentiel de la Banque européenne d'investissement (BEI) et de nouveaux instruments de politique extérieure en matière d'investissements disponibles au titre du budget de l'UE. Selon la Banque asiatique de développement (BAD), l'Asie devra investir plus de 1,3 milliard d'euros par an dans le domaine des infrastructures au cours des prochaines décennies. L'UE peut aider les pays asiatiques à relever ce défi en matière d'investissement, en mobilisant des financements publics et privés au moyen de subventions, de garanties, de prêts et d'un panachage de ces outils. Clairement, selon l'approche de l'UE, le recours à ces investissements n'est possible que s'ils sont viables sur les plans budgétaire et financier.

Plus de 60 % du PIB mondial

L'Europe et l'Asie représentent ensemble près de 70 % de la population mondiale et plus de 60 % du PIB mondial. D'après les prévisions, l'Asie deviendra la région ayant la plus forte croissance économique et la plus grande demande en énergies nouvelles. Nous allons coopérer avec l'Asie dans des domaines liés à la connectivité, et nous veillerons à ce que cette coopération soit bénéfique tant pour les pays asiatiques que pour les pays européens et leurs voisins communs. Nous deviendrons ainsi les moteurs d'un avenir plus équitable, plus prospère et durable pour l'Europe et le monde entier. La connectivité durable, fondée sur des partenariats et des règles solides, est la meilleure voie à suivre pour l'UE, l'Europe et l'Asie.

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Commentaires
a écrit le 27/09/2018 à 10:17 :
L'union européenne caractérisée par la compromission entre milieu d'affaire et milieu politique est incapable de distinguer le potentiel pouvant nous être utile de chaque pays réunissant le tout sous le nom de "Asie" alors que faire des affaires avec la Corée du sud oui bien sûr c'est indispensable mais se soumettre à la dictature chinoise comme on voit bien les européistes nous mener, c'est suicidaire.

Mais bon que demander à un entité dirigée par un alcoolique... -_-
a écrit le 26/09/2018 à 22:01 :
Rarement lu un tel charabia. On peut supposer que la traduction n’aide pas mais quand même...
a écrit le 26/09/2018 à 16:54 :
Complètement dans le délire. La méthode US consiste à montrer ses muscles et faire en sorte que tout le monde marche au pas, la méthode Chinoise consiste à faire des échanges en faisant en sorte de créer une dette à son avantage. Dans les deux cas vous devenez une colonie, comme les empires se font traditionnellement la guerre lequel gagnera...Je préfèrerais une troisième voie, par exemple un pays dont l'économie serait au service de l'humain.

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