Feux de Brousse : les monologues du Vaccin
Jean Brousse
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Photo d'illustration
Jean Brousse LT
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Une forme de fébrilité oubliée depuis longtemps règne depuis quelques jours dans les rues de Paris. Montmartre, Opéra, Bastille, Champs-Elysées, Saint-Germain-des-Prés ... Plus que les petits « Grands Travaux » permanents que madame Hildago impose aux parisiens, ici ou là un tournevis, une burette, un pot de peinture. Ambiance ouvrière. On vérifie les gonds des baies des terrasses, on en repeint à neuf les chambranles. On nettoie à grande eau les vitres des devantures du Café de Flore usées par un hiver froid, triste et stérile. La cage de verre des nounours géants confinés sous la véranda des Deux Magots s'ouvre. Un grand bol d'air s'y engouffre. Lipp fermée, mais Lipp éclairée.
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On nettoie, on astique. Un frisson d'espoir annonce peut-être « Le bout du tunnel », voire l'inespérée réouverture. On a même entraperçu quelques masques souriants sous les rayons incrédules d'un soleil d'avril bienvenu ! Insensiblement, l'atmosphère s'allège ... Et le bal des grincheux et des fâcheux de retrouver de la vigueur. Les voisins qui hier invectivaient les instances craignent aujourd'hui les nuisances à prévoir autour des terrasses éphémères. Du bruit et des reliefs. Le premier mai aide à se souvenir du confinement total. La guerre du muguet n'a pas eu lieu.
La représentation des « Monologues du Vaccin » était exceptionnellement un mercredi, la semaine dernière. Il fallait évidemment réserver le jeudi au Président pour qu'il puisse confirmer à la presse régionale ce qu'elle ne saurait publier que le lendemain, mais que tout le monde avait déjà instantanément appris. Il fallait par ailleurs lui laisser la primeur du calendrier. Nos brillants stratèges en ont sûrement eu des maux de tête. On n'aura donc retenu de l'intervention de Jean Castex version « stand-up », accompagné de deux jeunes du show, Gérald Darmanin en apprentissage et Eric Dupont Moretti, un pro aguerri des planches, que la sortie de crise se ferait doucement, prudemment, soigneusement, précautionneusement, avec attention, dans le respect des règles sanitaires, et si tout se passe bien, entre le 3 mai et le 31 octobre, six mois, que mi-mai on rouvrirait peut-être on ne sait quoi, et qu'on verrait où on en serait fin juin.
Jean Brousse