La puissance économique décisive de la France offshore

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, La puissance économique dècisive de la France offshore

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Même si son investissement direct à l'étranger a connu une baisse de régime après 2008, la France reste est demeure une puissance multinationale. Voici quelques données pour en prendre la mesure.

Hors les murs, les entreprises françaises sont puissantes

Après les pays anglo-saxons, la France est le pays qui compte le plus de firmes multinationales non financières dans le top 100 mondial, lorsque l'on classe ces dernières par la taille de l'actif implanté à l'étranger : 12 contre 20 pour les États-Unis, 14 pour le Royaume-Uni, devant l'Allemagne et le Japon, et encore plus nettement devant la Suisse, la Chine, l'Espagne ou l'Italie.

Autre indicateur pour prendre la mesure de notre internationalisation productive : le stock d'investissement que détient la France sur l'étranger : ce stock était évalué à 1 452 milliards de dollars en 2017, ce qui ne signifie pas grand-chose en soi. Le chiffre devient parlant lorsqu'on le rapporte au PIB pour corriger de l'effet de taille des économies. On constate alors que lorsque l'on élimine les petits paradis fiscaux, siège des holdings, la France est bien en proue en matière d'internationalisation de ses entreprises. Il faut la comparer alors à des économies de taille équivalente. Elle se place ainsi derrière le Royaume-Uni mais devant l'Allemagne ou les États-Unis.

Regardons maintenant par grands secteurs. Et là les données sont à nouveau édifiantes. L'emploi extra-muros dans l'énergie, le retraitement des eaux et les grands réseaux de distribution d'énergie est supérieur, ou presque équivalent, à l'emploi sur notre territoire. L'emploi industriel dans les filiales étrangères représente 73% de l'emploi national. Le ratio est de 59% dans le secteur de l'information et de la communication et il excède 40% dans l'hôtellerie et la restauration, le commerce de détail ou encore dans la finance.

Les trois dimensions de notre système productif

On sait toutes les inquiétudes que cela suscite en termes d'intrusion étrangère dans le contrôle, de prédominance des logiques actionnariales, d'instabilité des contours que génère le jeu des fusacq, de fragilisation des territoires, de l'emploi ou d'évaporation de notre assiette fiscale.

On sait a contario que ces groupes procurent des flux de revenus entrants qui font plus que compenser notre déficit sur les biens et services, qu'ils confèrent une puissance financière, un pouvoir de marché à la France, un pouvoir d'acquisition de brevet, une capacité d'implantation dans les régions à fort potentiel de développement et à forte dynamique démographique qui nous branche sur une conjoncture monde moins anémiée que celle de l'Europe.

Bref, on peut sans fin balancer le pour et le contre. Mais force est de constater que cernés par trois grands pays en stagnation ou déclin démographique, l'Espagne, l'Italie et surtout l'Allemagne, les grands groupes ont de fortes raisons de penser leur stratégie hors de nos murs et de prendre le large.

Cette réalité forte doit nous conduire à penser notre écosystème productif à l'intérieur et au-delà des frontières en l'articulant autour de 3 piliers.

  • 1. Le premier pilier, c'est celui de nos grands groupes qui constituent une véritable superstructure financière, et peuvent se transformer en atout et renforcer notre territoire à condition que deux autres piliers coexistent.
  • 2. Celui de l'entrepreneuriat, autrement dit un gisement de start-up à haut potentiel, dont beaucoup se développeront ultérieurement dans le giron des groupes.
  • 3. Troisième pilier enfin, celui des pôles de compétences, enracinés sur le territoire, qui incitent les grands groupes à maintenir leur ancrage national en y développant leurs fonctions stratégiques.


C'est à partir ce triptyque qu'il faut penser notre écosystème productif, en renforçant les complémentarités entre les trois dimensions clés qui le composent.

 >> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 07/06/2019 à 14:30 :
On peut néanmoins regretter que "les intérêts de la france" et "les intérêts des français" soient deux notions de plus en plus séparées, voir parfois même contradictoires
a écrit le 07/06/2019 à 8:49 :
Bon article, il est quand même dommage que les bons conseils soient diffusés gratuitement tandis que les cabinets conseils payés des salaires à 5 chiffres eux se plantent régulièrement. La médiocratie.

Cela met encore plus la puissance économique et financière américaine en exergue non ? Quand on voit la tailel de leurs multinationales à eux...

Parallèlement, si on compare avec l’Allemagne et ses politiques avantageuses liées aux PME, nos multinationales ne coutent elles pas bien trop cher quand on voit qu'on est obligé de les subventionner par ,l'argent public sous de diverses formes telle la distribution de l'eau ? Le don des autoroutes, l'autorisation tacite de l'évasion fiscale pour leurs actionnaires milliardaires, le business de la dette et-c...

LEs multinationales américaines sont naturellement, enfin presque, gigantesques, tandis que les notres sont artificiellement et chèrement seulement grosses...

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