Le numérique, un enjeu majeur pour l'autonomie stratégique de la filière des travaux publics

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Composante essentielle de la transition numérique, le BIM (Building Information Modeling) permet par ailleurs d'optimiser le coût financier et environnemental des infrastructures sur leur durée de vie.
Composante essentielle de la transition numérique, le BIM (Building Information Modeling) permet par ailleurs d'optimiser le coût financier et environnemental des infrastructures sur leur durée de vie. (Crédits : DR)
OPINION. La transition numérique et la transition écologique constituent des défis, mais également des sources de risques indissociables pour les acteurs de la construction.  En l'absence d'intervention forte des pouvoirs publics, les entreprises risquent en effet de perdre leurs compétences et la valeur qu'elles génèrent, ce qui engendrera par la même occasion une perte de souveraineté économique de la France et de l'Europe, face aux géants du numérique. (*) Par Bruno Cavagné, Président de la Fédération Nationale des Travaux Publics ; Daniel Rigout, président du syndicat professionnel des Entreprises Générales de France BTP (EGF) ; Bernard Schaer, Président du projet national MINnD et Pierre Verzat, Président du Syntec-Ingénierie.

La digitalisation, qui se déploie actuellement de façon importante dans le secteur de la construction, permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre (dont ceux de CO2) par optimisation de la conception-construction-maintenance des ouvrages. Composante essentielle de la transition numérique, le BIM (Building Information Modeling) permet par ailleurs d'optimiser le coût financier et environnemental des infrastructures sur leur durée de vie.

Les informations générées par les entreprises constituent ainsi un véritable gisement de valeurs dont l'exploitation ouvre des perspectives considérables pour l'avenir. Or, les entreprises doivent faire face à deux problématiques : le monopole de certains éditeurs de logiciels d'une part, l'incapacité à conserver et protéger leurs savoir-faire et leurs données, d'autre part.

Préserver les données numériques des constructions

Les informations et données traitées par les entreprises "attachées" à l'ouvrage sont en effet susceptibles d'être captées et utilisées à leur profit par des acteurs tels que les éditeurs de logiciels (américains notamment) dont l'hégémonie déstabilise les équilibres du marché. Par ailleurs, la "durée de vie" de ces logiciels est infiniment plus courte que celle d'une infrastructure, entraînant ainsi un risque accru de perte ou de captation de données. Les acteurs de la chaine de la construction risquent alors d'être dans l'incapacité de récupérer leurs données.

Pour permettre la transition numérique de la construction en préservant l'autonomie stratégique des entreprises de la construction, les actions suivantes doivent être lancées en urgence :

  • Développer massivement les outils et formats « open » (interopérables et non propriétaires) permettant de garantir la fluidité des échanges, ainsi que la pérennité et la traçabilité des informations générées par les entreprises,
  • Définir un cadre européen équilibré, susceptible de contribuer davantage à la protection de la propriété des données,
  • Mobiliser les maîtres d'ouvrage pour promouvoir le développement du BIM et la protection des savoir-faire respectifs des acteurs,
  • Accompagner les entreprises de la filière de toutes tailles afin qu'elles tirent bénéfice de cette transition numérique par acquisition de compétences.

La capacité à répondre efficacement à ces principaux défis est un facteur clé de succès pour réussir la transition écologique et numérique et pour préserver le génie français des travaux publics, qui rayonne aujourd'hui dans le monde entier.

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