« N'oubliez pas le social, Monsieur le Premier ministre ! »
Dominique Villemot, Jacky Bontems et Marie-Françoise Leflon

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Dominique Villemot, Jacky Bontems et Marie-Françoise Leflon

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Le remplacement de Gabriel Attal par Michel Barnier marque un tournant politique important. C'est de fait la fin du « En même temps », du protéger et libérer, du social et du libéral. Au social-libéralisme du macronisme succède le conservatisme-libéral de la droite.
Attendons de voir quel sera le programme du nouveau gouvernement, mais le nouveau Premier ministre a affiché ses priorités : le budget, la sécurité, l'immigration. Très peu de choses sur le social.
Or, le social ne doit pas être oublié, au risque de favoriser les extrêmes.
Le rétablissement des comptes publics ne doit pas casser la croissance et faire remonter le chômage qui baisse régulièrement depuis des années. Ne refaisons pas les erreurs de la rigueur budgétaire des années 2011-2016 ! Les nouvelles règles européennes prévoient un retour aux 3% sur 7 ans. Ne soyons pas plus royalistes que le roi. Préservons ce qui a été fait sur l'apprentissage. Et sur l'assurance-chômage ne faisons pas d'économies sur les plus faibles. Et n'oublions pas qu'à terme la meilleure manière de rétablir nos finances publiques est de continuer à augmenter notre taux d'emploi, comme engagé depuis 2017.
Du côté des recettes, il ne faut certes pas revenir sur les baisses d'impôts d'Emmanuel Macron ni matraquer les classes moyennes, comme le propose le Nouveau front populaire. Pour autant, il est nécessaire pour assurer la cohésion sociale de demander un effort de solidarité aux plus aisés, comme, par exemple, une augmentation du taux de la contribution sur les hauts revenus et ou une réintroduction du patrimoine financier dans l'assiette de l'impôt sur la fortune (en continuant à exonérer les investissements dans les entreprises).
Ensuite le soutien au pouvoir d'achat, qui ne pourra plus résulter d'aides budgétaires, comme ce fut le cas pendant la crise Covid et celle de l'énergie, passe par une augmentation des salaires, et plus particulièrement des bas salaires. Nous appelons à la réunion d'une grande conférence sociale sur les bas salaires avec l'ensemble des partenaires sociaux afin de déterminer le montant du coup de pouce à donner au Smic et aussi et surtout afin d'engager l'augmentation des salaires se situant juste au-dessus du Smic. Le chantier de la desmicardisation engagé par le gouvernement précédent doit être poursuivi. Il faut lisser les allègements de charges sociales afin de mettre fin à l'actuelle trappe à bas salaires et réévaluer les échelles de salaires des branches professionnelles qui ont encore des salaires minima inférieurs au Smic (102 métiers). La transposition de la directive européenne permettra d'augmenter les contrôles. Et comme disait Gabriel Attal, il ne faut exclure aucune mesure pour arriver à des résultats rapides.
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L'amélioration des conditions de travail, une meilleure prise en compte de la pénibilité et l'emploi des seniors doivent aussi constituer des priorités du dialogue social.
D'une manière plus générale, il faut répondre à notre crise démocratique et pour ce faire, il faut rétablir la démocratie sociale, complément indispensable à la démocratie politique. L'Etat ne doit plus tout diriger sans tenir compte de la société civile ni des partenaires sociaux. Une réforme qui passe en force, comme ce fut le cas de la réforme des retraites, n'est pas acceptée et se traduit par de la colère sociale qui profite aux extrêmes.
Ne l'oubliez pas, Monsieur le Premier ministre !
Dominique Villemot, Jacky Bontems et Marie-Françoise Leflon