Pourquoi il faut jouer l'ouverture de Cuba

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(Crédits : DR)
Lîle est petite, mais tout y est à construire. par Hervé Guyader, Avocat au Barreau de Paris, Président du Comité Français pour le Droit du Commerce International

2015 semble pouvoir être l'année de l'ouverture de Cuba, les signes du dégel des relations entre Cuba et les USA sont de plus en plus ostensibles. L'ouverture prochaine d'ambassades sera le point d'orgue de ce réchauffement tant attendu.
Les bienfaits de cette ouverture ne tardent pas à se faire sentir avec, exemple significatif, l'ouverture de relais wifi afin de permettre à la population d'avoir accès à internet.  L'isolement absolu de ce caillou des Caraïbes pourrait ne plus être bientôt qu'un vague souvenir.

Prendre le sens de l'histoire

La dictature castriste semble avoir pris le sens de l'histoire qui ne s'accommode plus guère des régimes dictatoriaux. La postérité pourrait, alors, ne retenir que cette évolution, laissant la Révolution occuper quelques petites lignes.

Certains esprits chagrins s'émeuvent déjà de voir les faveurs faites au dictateur cubain. C'est oublier qu'une détente passe par certaines étapes obligées dont la première : oublier les vieilles rancœurs. Tous les pays ou presque ont eu, à un moment donné, un passé compliqué qu'il faut savoir mettre de côté pour avancer. Même si la France n'a, en toute objectivité, guère à rougir des heures les plus sombres de son passé en comparaison d'autres de ses voisins proches, elle reste indéfectiblement donneuse de leçons en parangon des droits de l'homme.

Le Président Hollande n'a pas manqué d'être l'un des premiers chefs d'Etat occidental à se rendre en visite officielle, démontrant la volonté française d'être acteur de cette évolution.

Un signe politique puissant

C'est un signe politique puissant pouvant être porteur à différents degrés dont le premier pourrait être l'établissement de relations commerciales privilégiées entre la France, l'Europe et Cuba.

Cuba n'est pas un enjeu commercial stratégique au vu de la petitesse de l'ile. Mais c'est un marché vierge où tout est à construire. Le niveau de vie des Cubains est tellement bas que leur apporter un réseau d'approvisionnement en eau, en électricité modernes sera déjà une belle avancée. Ne parlons même pas du tourisme...
Il est donc important que la France, et l'Europe, se positionnent sérieusement sur ce dossier afin de favoriser la signature rapide d'accords avant que les USA n'aient tout raflé.

Pragmatisme américain

Le pragmatisme américain, leur conception de la real politic, est déjà à l'œuvre. Ennemi juré il y a encore quelques semaines, les voilà presque passés au stade de meilleurs amis.

Quant à l'idée défendue par certains que les USA n'agiraient ainsi que dans le seul but d'énerver le bon Vladimir 1er, traditionnel allié de Cuba, elle paraît peu vraisemblable. Déjà, l'existence même des USA suffit à elle-seule à remplir cet office. Au-delà, les américains ne vivent pas dans l'obnubilation de se désigner des ennemis. Leur rang de première puissance est un fait avéré contrairement à l'espoir chimérique de la restauration de l'URSS...

Procéder par unions économiques et commerciales est toujours le meilleur moyen de nouer des alliances durables et profitables pour les peuples. L'Europe en est un exemple vivant ! Depuis l'instauration de la CECA (Charbon et Acier) jusqu'à la création de l'Euro, notre belle Europe n'existe que d'un point de vue économique en espérant, un jour peut-être, quelques rapprochements politiques réels.
Ce pourrait également être un modèle à dupliquer dans d'autres endroits du monde (Iran, Corée du Nord, Soudan...) où la liberté n'est pas encore portée au rang de principe fondamental.
Après le printemps arabe, l'été cubain...
Restera à trouver un thème pour l'automne.

Hervé Guyader
Avocat au Barreau de Paris
Docteur en droit
Président du Comité Français pour le Droit du Commerce International

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