Réforme des retraites : qui seront les perdants ?

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, qui seront les perdants de la réforme des retraites ?

La réforme des retraites, ce sera la grande réforme du quinquennat, si elle se fait. Il ne faut pas si tromper. Il y a certes une sur-communication sur l'activisme réformateur du gouvernement. Et pour beaucoup, le gouvernement a frappé vite et fort avec les ordonnances travail. Ceux qui regardent de plus près le contenu et la portée réelle des réformes, que ce soit la loi travail, la réforme des revenus du patrimoine, l'indemnisation du chômage, la loi Pacte, savent pourtant bien, qu'à chaque fois, on est loin de la révolution copernicienne annoncée.

Paradoxalement, sur les retraites, le gouvernement avance à pas plus feutrés. Il se laisse du temps. La réforme sera élaborée sur plus d'un an, avec pour horizon l'été 2019. Son application sera progressive et ne produira réellement des effets qu'après le quinquennat. Rien ne sera changé pour ceux qui sont à moins de 5 ans de la retraite. Il en confie le design à un homme de dialogue, ancien président du conseil économique et social. Il réaffirme son  attachement au régime par répartition.

Et pourtant, toucher à l'édifice des retraites, c'est s'attaquer au premier poste de dépense de l'Etat, et à la première source d'écart des dépenses publiques hexagonales avec l'étranger. C'est réellement réformer l'Etat, non en manipulant le rabot, mais en redéfinissant un des socles du système de protection sociale.

Les grandes lignes de la réforme

On ne connaît encore que les grandes lignes de la réforme :

  • 1. Le régime serait par point ou imiterait le système de compte notionnel à la suédoise. Au-delà des différences techniques entre les deux systèmes, dans les deux cas, c'est soit l'ensemble de ce qui a été gagné tout au long de sa vie, soit tout ce qui a été cotisé qui sert de base au calcul des retraites. Là seront perdant ceux qui ont eu une carrière ascendante tardive, par rapport au système actuel. Sachant qu'aujourd'hui ce sont les 25 meilleures années qui sont retenues dans le privé. Et les 6 derniers mois dans le public.
  • 2. Ces systèmes sont adossés en général avec une règle d'équilibrage automatique. Et si l'on regarde les projections du COR, même si le système est proche de l'équilibre aujourd'hui, il devrait s'en éloigner dans les 10 prochaines années. C'est en effet le cap le plus difficile à passer. Et dans tous les scénarios du COR, le  découvert prévu oscille entre 0,4 et 0,7% du PIB en 2025. Le faire disparaître, cela signifie une réduction de 3 à 5% des dépenses de retraites. C'est beaucoup, même si le calcul reste très approximatif. Et cela toucherait tous les retraités.
  • 3. Le système devrait inciter à travailler plus longtemps. Une fois atteint l'âge légal, un cotisant peut continuer à accumuler des points ou alimenter son compte notionnel... là aussi, il y a un coût d'opportunité par rapport au système précédent.
  • 4. Il y a enfin, le volet le plus connu de la réforme. L'uniformisation des régimes. (Fonction publique, SNCF, RATP etc...sont ciblés). Potentiellement, cet alignement peut faire des perdants. Néanmoins, pour le plus gros contingent, que constitue la fonction publique, il n'y aurait pas de perte pour tout le monde. Les agents de catégorie B y gageraient. Les enseignants et les cadres sup de l'État y perdraient.

Il y a enfin encore beaucoup d'incertitudes. Sur la prise en compte des carrières longues, la pénibilité. Ces éléments seront au cœur de la négociation. Et peuvent changer beaucoup de choses. Quoiqu'il en soit, et ce n'est pas un scoop, la réforme des retraites est à haut risque pour le pouvoir d'achat des futurs retraités. Et ce ne sont pas seulement les régimes spéciaux qui sont concernés.

 >> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 10/09/2018 à 22:35 :
Décidément macron. Vas feutre l équilibre sociale dan le kk la france en danger sociale Avec macron Brigitte macron coûtes un peignons fous la ils dit riant le king
a écrit le 05/09/2018 à 18:07 :
C'est vite vu, les perdants seront les cotisants actuels, c'est toujours comme ça. En 1980 avant que ça passe a 60 ans, les cotisations pour un employé "de base" c'était 17.3% de régime général+ arrco (salarial + patronal) pendant 37.5 ans et les gens partaient des qu'ils avaient leurs 37.5 annuités a 60 ans ou apres.
Aujourd'hui, enfin fin 2017 c'était 27.5% rg arrco agff pendant 42 a 43 ans avec départ a 62 ans mini et pensions moindres.

Ca fait longtemps qu'on aurai du moduler les pensions déjà liquidées selon la capacité des cotisants et non juste taper sur les nouvelles pensions.

A titre personnel, a coup de carrière a trou, annuités a l'étranger qui ne compteront pas et trimestres non validables, je m'attends dans 18 ans a un minimum vieillesse a 67 ans. J'espère qu'il sera au moins au niveau de rsa de maintenant, il faudra y arriver avec un logis un bout de terrain, des économies, un chat et un hamac.
Mais je suis pas a plaindre, il y en a plein qui se cassent le fondement a faire du pib en 3*8 et qui nous quitteront avant leurs 65 ans. Les pauvres auront seulement contribué à maintenir le train de vie de nos fafas, jujus, pénélopes et leurs dizaines de milliers de congénères


Et je vous parle pas de la retraite des migrants, ça va être plus que problématique si t'as pas un petit pécule ou acquis
a écrit le 05/09/2018 à 18:03 :
Qui seront les perdant? Ben presque tout le monde... Comme d'ab pas les riche mais ceux qui bossent oui !!!
a écrit le 05/09/2018 à 15:08 :
Sur la réforme des retraites dans la fonction publique, la question est celle de l'intégration du régime indemnitaires qui représente un tiers des rémunérations.

Dans les retraites du privé, ces primes en partie sont intégrées au calcul même sur une durée plus longues.

Pas sur que les cadres de la fonction publique y perdrait en cas d'intégration des primes, notamment celles lui aux fonctions et résultats...
Réponse de le 05/09/2018 à 17:19 :
Tous les domaines de là fonctions publiques ne sont pourvus en prime de rendement résultats... quid de ceux qui ne touchent rien car pas prévus au budget ou economise par leur tutelle
a écrit le 05/09/2018 à 14:16 :
le taux de pauvreté des Français de + de 65 ans est particulièrement bas (Eurostat ; OCDE). bien plus bas que pour l'ensemble de la population. les retraités français sont les seuls, parmi les pays développés, à avoir un niveau de vie équivalent au reste de la population (Conseil d'Orientation des Retraites, 10/2016). une évolution défavorable est donc plus probable qu'une évolution favorable. les Boomers auront eu la belle vie. plus compliqué pour les générations d'après.
Réponse de le 05/09/2018 à 17:15 :
Les boomers sont une génération égoïstes qui ont refusé les réformes en leur temps et nous laisse des dettes.... oui à une taxation des retraites supérieures à 1800-2000 euros ...
a écrit le 05/09/2018 à 13:53 :
Je précise que cette note n°6 propose, article 4, page 12, de prévoir une taxation supplémentaire de l'énergie pour réduire le cout du travail, avec une allocation forfaitaire pour respecter l'équité.
Réponse de le 05/09/2018 à 16:36 :
Regardez vos factures gaz, électricité , vous verrez le montant des taxes. Quant aux carburants, il est notoire que quand l'on fait un plein, c'est un plein de taxes. Alors de grâce, pas de taxe supplémentaire
Réponse de le 06/09/2018 à 7:56 :
Merci pour votre remarque. Regardez ce que vous payez à la caisse de retraite et comparez avec ce que vous payez en taxes pour l'essence.
a écrit le 05/09/2018 à 13:29 :
Il faut prendre exemple sur EDF. A EDF, les retraites sont financées par un prélèvement sur l'énergie. Il faut lire la note n°6 du CAE, page 12. Qui est capable de le comprendre?

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