Réforme des retraites : qui seront les perdants ?

Olivier Passet, Xerfi

Olivier Passet, Xerfi
La réforme des retraites, ce sera la grande réforme du quinquennat, si elle se fait. Il ne faut pas si tromper. Il y a certes une sur-communication sur l'activisme réformateur du gouvernement. Et pour beaucoup, le gouvernement a frappé vite et fort avec les ordonnances travail. Ceux qui regardent de plus près le contenu et la portée réelle des réformes, que ce soit la loi travail, la réforme des revenus du patrimoine, l'indemnisation du chômage, la loi Pacte, savent pourtant bien, qu'à chaque fois, on est loin de la révolution copernicienne annoncée.
Paradoxalement, sur les retraites, le gouvernement avance à pas plus feutrés. Il se laisse du temps. La réforme sera élaborée sur plus d'un an, avec pour horizon l'été 2019. Son application sera progressive et ne produira réellement des effets qu'après le quinquennat. Rien ne sera changé pour ceux qui sont à moins de 5 ans de la retraite. Il en confie le design à un homme de dialogue, ancien président du conseil économique et social. Il réaffirme son attachement au régime par répartition.
Et pourtant, toucher à l'édifice des retraites, c'est s'attaquer au premier poste de dépense de l'Etat, et à la première source d'écart des dépenses publiques hexagonales avec l'étranger. C'est réellement réformer l'Etat, non en manipulant le rabot, mais en redéfinissant un des socles du système de protection sociale.
On ne connaît encore que les grandes lignes de la réforme :
Il y a enfin encore beaucoup d'incertitudes. Sur la prise en compte des carrières longues, la pénibilité. Ces éléments seront au cœur de la négociation. Et peuvent changer beaucoup de choses. Quoiqu'il en soit, et ce n'est pas un scoop, la réforme des retraites est à haut risque pour le pouvoir d'achat des futurs retraités. Et ce ne sont pas seulement les régimes spéciaux qui sont concernés.
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