Service national universel : pour que chaque citoyen porte le gilet tricolore !

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(Crédits : Philippe Wojazer)
TRIBUNE. Loin d'être un nouveau service militaire dont la forme ne correspond pas aux besoins anticipés de défense de notre pays, le service national universel (SNU) sera un moment de mixité, de cohésion sociale et territoriale autour des valeurs de la République. Par les députés du groupe de travail SNU LREM.

Pilier du programme d'Emmanuel Macron, le Service National Universel (SNU), justement qualifié de « plus grande réforme de société du quinquennat », constituera une opportunité pour promouvoir les valeurs républicaines et mieux les concrétiser au regard des exigences contemporaines.

Pour redonner corps à notre pacte social en s'appuyant sur la jeunesse, le SNU est une action structurante pour que les citoyens « fassent pleinement Nation ». Solidaires, ils seront rassurés dans leur capacité à faire face ensemble aux défis de notre temps. Par ailleurs, chacun d'entre nous a besoin de donner davantage de sens à sa citoyenneté et à son rapport à la République. Et peut-être qu'une de nos responsabilités collectives est d'avoir toujours répondu à un problème par de nouvelles actions publiques, financées par l'impôt, au risque de progressivement déresponsabiliser chacun. Sans doute est-il temps que cette attente de sens se retrouve davantage au travers d'une exigence : celle de l'engagement individuel au service du collectif, au travers d'un contrat équilibré comportant des droits et des devoirs.

Découvrir la force de l'engagement

Le SNU permettra une formation aux premiers secours, une sensibilisation aux problématiques environnementales ou de défense et la réalisation d'un certain nombre de bilans personnels (santé, maîtrise du français, compétences, etc.), mais également et surtout une découverte de la force de l'engagement. Ce mois obligatoire (15 jours en hébergement et 15 jours de mission d'intérêt général) pourra être complété par un engagement volontaire (service civique, pompier volontaire, réserves des armées, etc.) d'au moins trois mois.

Loin d'être un nouveau service militaire dont la forme ne correspond pas aux besoins anticipés de défense de notre pays, le SNU sera un moment de mixité, de cohésion sociale et territoriale autour des valeurs de la République. À plus long terme, cet engagement contribuera à la compréhension du monde actuel et au développement des valeurs de fraternité et d'engagement.

Après plusieurs mois de consultations, le bilan est positif puisqu'une large majorité de jeunes sondés, environ 3 sur 4, est favorable au SNU, un retour encourageant car sa réussite repose en grande partie sur leur adhésion.

Plus que jamais, il faut que nous accompagnions nos jeunes dans la prise en main de leur destin pour bâtir une France plus engagée et plus soudée. Il y a fort à parier qu'au cours de cette expérience où les jeunes citoyens se rencontreront, chacun emportera avec lui son petit bout de mer, de ruralité, de vie citadine dans cette expérience commune qu'ils auront à partager.

Un projet en lien étroit avec les territoires et les collectivités

Notre rôle en tant que parlementaires sera d'être de véritables vigies pour que la recherche de réponses aux attentes citoyennes soient au cœur de ce projet. Nous sommes aussi, sous nos écharpes tricolores, des pères et mères de famille, des professeurs ou éducateurs, responsables associatifs, d'anciens engagés militaires, etc. Autant d'expériences que nous partageons avec nos 67 millions de concitoyens aux parcours différents, mais tout aussi riches, et que nous mettrons au service de ce projet.

Le SNU se construira aussi en lien étroit avec les territoires et les collectivités, qui y trouveront une occasion magnifique de valoriser - de faire connaître parfois - les richesses qu'ils recèlent.

Gabriel Attal, secrétaire d'État en charge de la Jeunesse, porte ce SNU qui contribuera à redonner à nos jeunes le sens de nos symboles nationaux, sans rien retrancher à l'esprit d'impertinence qui caractérise parfois la jeunesse et dont nous ne saurions nous passer.

Notre cohésion nationale est actuellement mise à rude épreuve. Mais ces difficultés ne font que renforcer le besoin de lancer ce projet ambitieux, plus que jamais nécessaire pour fortifier notre République par l'apprentissage de l'altérité et de l'engagement.

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LES SIGNATAIRES

Sont membres du groupe de travail Service national universel (SNU) du groupe LaREM et signataires de cette tribune :

  • BELHAMITI Mounir, député de Loire-Atlantique, commissaire à la Défense et aux Forces armées ;
  • BLANCHET Jean-Christophe, député du Calvados, commissaire à la Défense et aux Forces armées ;
  • CESARINI Jean-François, député du Vaucluse, commission au Développement durable et à l'aménagement du territoire ;
  • DUMAS Françoise, députée du Gard, commissaire aux Affaires Européennes ;
  • GASSILLOUD Thomas, député du Rhône, commissaire à la Défense et aux Forces armées ;
  • GRANJUS Florence, députée des Yvelines, commissaire aux Affaires culturelles et à l'Éducation ;
  • GUEREL Emilie, députée du Var, commissaire aux Lois ;
  • JANVIER Caroline , députée du Loiret, commissaire aux Affaires sociales ;
  • KERLOGOT Yannick, député des Côtes-d'Armor, commissaire aux Affaires culturelles et à l'Éducation ;
  • KHEDER Anissa, députée du Rhône, commissaire à la Défense et aux Forces armées ;
  • MIRALLES Patricia, députée de l'Hérault, commissaire à la Défense et aux Forces armées ;
  • MUSCHOTTI Cécile, députée du Var, commissaire aux Affaires culturelles et à l'Éducation ;
  • MÖRCH Sandrine, députée de Haute-Garonne, commissaire aux Affaires culturelles et à l'Éducation;
  • PALUSZKIEWICZ Xavier, député de Meurthe-et-Moselle, commissaire aux Finances ;
  • RAPHAN Pierre-Alain, député de l'Essonne, commissaire aux Affaires culturelles et à l'Éducation ;
  • TANGUY Liliana , députée du Finistère, commissaire aux Affaires Étrangères ;
  • TIEGNA Huguette, députée du Lot, commissaire aux Affaires économiques.

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Commentaires
a écrit le 07/02/2019 à 14:25 :
Chômage masse, croissance en berne, pouvoir d'achat moribond... mais je suppose que de savoir que les mégas milliardaires eux ont encore plus gagné vous satisfait non ? Ya que ça même hein...

Comment faites vous pour porter autant d'intérêt à un sujet tellement dérisoire par rapport au déclin français et européen ?

Réveillez vous les bisounours vous gérez plus de 65 millions de français hein !?
a écrit le 06/02/2019 à 21:25 :
Une belle source d economie. Laissons tomber cette lubie coûteuse.
a écrit le 06/02/2019 à 17:02 :
Gadget inutile et coûteux. 0% de chance que cette quinzaine de préchi-précha "mixité, de cohésion sociale et territoriale autour des valeurs de la République." réussisse là où 15 à 20 ans de socialisation par l'école ou par la famille a complètement échoué. Ne pas mettre en place ce machin est un devoir pour ne pas gaspiller (en pure perte) un ou des milliards de plus alors que les quelques 10 milliards annuels que Macron a dû lâcher pour tenter d'éteindre l'incendie gilets jaunes (là où le simple arrêt du matraquage des carburants aurait pu l'éteindre s'il était intervenu avant ou juste après la 1è journée de manifs) nous rapproche inéluctablement d'une faillite à la grecque (et son inévitable cortège de mesures de VRAIE austérité). Donc NON, NON et NON au SNU.
a écrit le 06/02/2019 à 16:56 :
L'idée est louable mais gadget. Le Service Militaire avait une fonction d'utilité pour la Nation mais aussi pour le Citoyen. Dire qu'il ne correspond pas au besoin anticipé de Défense Nationale est réducteur.

La mise dans le même bain de toutes les catégories sociales, apprendre le respect et l'engagement contraint et forcé pendant un an, c'est bien plus qu'un objectif de Défense. C'est salutaire. Pas étonnant que ceux qui l'on fait s'en souviennent toute leur vie.

La sensibilisation c'est du bullshit de technocrates.

On devrait d'ailleurs l'imposer à tous et obliger, même les plus diplômés, à porter le treillis de seconde classe un an durant.
Réponse de le 06/02/2019 à 22:46 :
Vous avez une vision bien trop idyllique du "vieux" service national qui ne remplissait plus depuis bien longtemps la fonction de brassage.
L'élite s'en sortait très bien avec des dispositifs intelligents tels que la coopération, l'aide technique, les scientifiques du contingent, les VFI...
Et quand, à la fin des années 80, les premières générations de jeunes incontrôlables et rétifs à toute autorité même militaires sont arrivés au service national, l'armée n'a pas davantage réussi à les recadrer que l'école et les a... réformés en masse. Inutile sur le plan de la défense (voire dangereux parce que des appelés ne sont évidemment pas à même de mener une guerre avec des armements modernes... et parce que les militaires de carrière avaient franchement mieux à faire que de jouer les gardes-chiourmes) et sur le plan intégration, c'est en accédant à la demande des militaires eux-mêmes que Chirac a liquidé cette relique (et il a eu totalement raison). Vouloir y revenir, même sous une forme édulcorée, est une ineptie.

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