Une Europe sans champion du numérique  ? A l'approche des élections européennes, agissons  !

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(Crédits : DR)
Depuis octobre 2018, l'Institut G9+, en partenariat avec Croissance +, Roland Berger et la BPI s'est mobilisé pour organiser une grande consultation citoyenne sur l'avenir numérique de l'Europe. Avec 43 000 contributions, 63 000 votes et 505 propositions recueillis, l'intérêt des citoyens pour ces questions a dépassé les attentes et rappelé du même coup l'importance de placer ces questions au cœur des débats sur l'avenir de l'Union européenne. Par Luc Bretones, Président de l’Institut G9+

Cette consultation a permis de faire émerger nombre d'idées-forces, dont nous pouvons retenir :

  • Qu'il est urgent d'inventer un modèle de société et une culture commune, à l'ère du numérique, dont le prometteur passeport européen numérique pourrait être la première impulsion.
  • Que l'Europe doit devenir un terrain de jeu favorable pour nos futurs champions du numérique, même si cela doit passer par l'émergence d'un paradis administratif européen.
  • Que la bataille numérique se gagne dès l'école, qu'en conséquence des efforts doivent être entrepris dans le soutien à l'autoformation, les visites d'entreprises innovantes ou encore le développement et la valorisation des offres de formations numériques.
  • Que l'Europe doit mieux protéger son industrie numérique, en imaginant notamment des incitations fiscales et sociales capables d'accompagner la croissance du secteur, un système de labélisation encore mécanisme d'incitation à l'achat.
  • Qu'il est nécessaire d'investir plus de fonds publics et privés européens dans la Tech.

Mais notre effort de recherche et de proposition ne s'est pas arrêté là. Dans les mois suivants, la suite de nos travaux s'est intéressée à comprendre quelles différences et quelles similitudes pouvaient exister avec nos voisins : les citoyens allemands. 20 des meilleures propositions qui exprimaient au mieux ces 5 grands axes pour relancer l'Europe du numérique ont été soumises au vote des citoyens outre-Rhin. Et les résultats sont édifiants.

Les propositions françaises les plus soutenues ont massivement convaincu les votants allemands, allant parfois jusqu'à dépasser les scores d'origine, avec des taux d'adhésion souvent proches de 80%. En découle plusieurs enseignements qu'il est primordial d'intégrer. Déjà, tout comme les Français, les citoyens Allemands mettent aussi en avant l'impérieuse nécessité de conserver la main sur la régulation du numérique et de faire de l'Europe un terrain de jeu favorable pour les acteurs européens. Nos voisins outre-Rhin ont aussi à cœur l'importance de l'enseignement du numérique à l'école et tout comme nos concitoyens, ils ont réaffirmé la nécessité de protéger les acteurs européens du secteur et d'investir plus fortement dans l'innovation.

Finalement, ne s'agit pas là d'une preuve par les faits de l'existence d'une dorsale franco-européenne autour de valeurs et d'envies communes ? Cet alignement des citoyens français et allemands est une opportunité, la promesse d'un terreau favorable à des rapprochements et des expérimentations pour permettre à nos champions du numérique de prendre leur envol.

La grande bataille du numérique ne fait que commencer. Nos gouvernements doivent désormais prendre leurs responsabilités et incarner l'ambition qu'ont en partage nombre de citoyens européens, celle d'une souveraineté numérique européenne, porteuse de croissance et d'emplois, emmenée par des champions continentaux.

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Commentaires
a écrit le 24/05/2019 à 21:02 :
Avoir des champions? Mais pour quoi faire? Surtout quand on est sous tutelle d'une administration hors sol comme l'UE de Bruxelles!
a écrit le 24/05/2019 à 16:38 :
"Que l'Europe doit devenir un terrain de jeu favorable pour nos futurs champions du numérique, "

On doit quand même donner une drôle d'image au monde en parlant sans cesse d'espoir placé en un concept imaginaire.

Pas étonnant que tous les pays du monde finissent pas nous dépasser nous autres mythomanes européens qui ne font qu'espérer, sans cesse, si cela pouvait se traduire en PIB on serait largement devant tout le monde mais non ça ne fonctionne pas comme ça, sans agir.

L'Union Européenne ou l'amie imaginaire.

POur vous faire redescendre un peu sur terre vous qui parlez numérique, à savoir économie du présent et de l'avenir, sachez que l'on a déjà bayer, vieux bastion agro-industriel et son fonctionnement moyen ageux, et surtout ses 70 milliards de dettes à amortir, côté investissement public et privé ça part très mal... Voilà c'est ça l'UE à qui vous parlez.

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